CONCILE DE PISE
il ne voulait pas se rendre à nos remontrances , nous nous sommes constitués à Pise jusqu'à ce qu'il lui plaise de s'accorder avec nous. Mais comment a-t-il reçu notre proposition ? Loin de lui plaire, il nous a fait connaître qu'elle lui était désagréable ; il a rendu une sentence d'excommunication contre les quatre cardinaux qui assistent à notre assemblée. En conséquence, nous ne lui accordons plus que trente jours pour venir nous présider *. »
Jules II n'ayant point obéi à cette sommatiorr, l'assemblée de Pise procéda à la réformation de l'Eglise dans son chef et dans ses membres , malgré les excommunications du pape qui lui opposa un concile dévoué et spécial dans son palais de Latran. Il avait fait précéder cette convocation d'un livre d'érudit sur la puissance des papes. Le jurisconsulte Thomas de Vio , depuis cardinal Caietano , plaçait la puissance du pape au-dessus de toutes les autres. Eglise, royauté , tout devait s'abaisser devant la tiare à trois couronnes , dans les matières politiques comme dans les questions religieuses. Jésus-Christ n'avait confié son pouvoir qu'à saint Pierre ; tous les autres apôtres n'avaient qu'une autorité secondaire. Caietano trouvait cinq différences entre saint Pierre et les simples disciples : saint Pierre avait reçu la puissance par
* Art. roncil. Pisan. u, pag. 89.