‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 19 sur 185 · THÉORIE PONTIFICALE DE CAIETANO · texte numérisé non relu

THÉORIE PONTIFICALE DE CAIETANO

l'ordre naturel , les apôtres par une grâce spéciale ; il avait été fait vicaire de Jésus-Christ , les autres lieutenans délégués; c'est pourquoi son autorité n'avait point fini par la mort , et subsistait dans ses successeurs ; lui seul avait le droit de commander, tandis que les évêques ne devaient et ne pouvaient qu'exécuter ^. Cette théorie du pouvoir pontifical fut dénoncée à l'Université de Paris, et condamnée comme attentatoire aux droits de l'Église nationale. Louis XII n'hésita même pas entre les deux conciles , et les actes de celui de Pise furent préférés par la puissance royale : « De l'avis de notre conseil et pour des causes justes et raisonnables , désirant que le désordre de l'Eglise soit réformé tant dans son chef que dans ses membres , et que les saints décrets de Constance et de Bâle sortent leur plein et entier effet , avons accepté le dit décret , voulons et ordonnons qu'il soit gardé et observé de point en point **. » Et pourtant il s'agissait d'un décret qui suspendait le pape de son immense dignité *** !

A Rome et dans le concile de Latran , on sentait également le besoin d'une réformation , mais

* Thomas DE Vio, de Auctor. paj-). et eccles. — Dupik, Bibliothèque des Antiquités ecclésiastiques ,sehicme siècle, 10-4", pag. 124.

** F0RTAH0N,1V, fol. 1245.

*** Il existe une médaille de Louis XII frappé conirc le pape Jules II avec cette légende : Perdant Bahylonis noincn.

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