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iiôO RELIGION DE CHAKLES-QUmT (1552).
mettre définitivement dans la constitution des États européens. L'Allemagne prit alors une tout autre allure. Ses intérêts furent régis par des actes positifs. Son droit public cessa d'être religieux.
Il y eut deux faits à cette époque qui auraient pu changer la face du monde, et ne tinrent pourtant qu'à des hasards. Charles-Quint eut un moment la pensée de se déclarer luthérien , et à la mort de Paul III le conclave fut sur le point d'élever sur le trône de saint Pierre le cardinal Polus, fortement soupçonné de luthéranisme, ou au moins de favoriser les idées de transactions et d'Intérim. Supposez que ces deux tètes de la société religieuse et politique eussent échappé aux doctrines catholiques, quelles révolutions profondes la société n'eût-elle pas éprouvées dans ses mœurs, dans ses lois, dans son vaste mouvement de civilisation * !
* On dirait que Charles-Quint , dans son codicille écrit sous l 'influence de la mort , a besoin de se justifier de l'hérésie, en ordonnant de nouvelles perscculions contre les hérétiques.
«Lorsque j'ai été informé que l'on avoit pris dans quelques provinces diverses personnes et que l'on devoit encore en prendre d'autres comme accusées de luthéraiiisme, j'ai écrit à la princesse ma fille de quelle manière il falloit châtier les coupables et remédier au mal qu'ils au-
NOTE SIR LE TEST. DE ClIARLES-QUINT. 351
roient causé. Je l'ai l'ait aussi plus tard à Louis Quixada , et l'ai autorisé d'agir en mon nom pour la même alTuire ; et quoique je sois persuadé que le roi mon fils , la princesse ma fille et les ministres ont déjà fait et feront encore tous les efforts possibles pour détruire un si grand mal , avec toute la sévérité et la promptitude qu'il demande ; toutefois , considérant le service que je dois à Notre-Seigneur, au triomphe de sa foi et à la conservation de son Église et de la religion chrétienntr, pour la défense de laquelle j'ai exécuté tant de pénibles travaux , au risque de ma propre vie , comme chacun sait ; désirant surtout inspirer à mon fils , dont je coimois les sentimens catholiques, le désir d'imiter ma conduite , ce que j'espère qu'il fera, counoissant sa vertu et sa piété, je le prie et lui recommande très-espressément autant que je le puis et que j'y suis obligé , et lui ordonne de plus , en ma qualité de père et par l'obéissance qu'il me doit, de travailler avec soin , comme à un objet essentiel et qui l'intéresse particulièiement , à ce que les hérétiques soient poursui\is et châtiés avec tout l'éclat et la sévérité que mérite leur crime , sans permettre d'excepter a;<cM« coupable , et sans égard pour les prières ni pour le rang et la qualité de persomie ; et afin que mes intentions puissent avoir leur plein et entier effet, je l'engage à faire protéger partout le saint-office de l'Inquisition pour le grand nombre de crimes qu'il empêche ou qu'il punit, en se rappelant ce que je l'ai chargé de faire dans mon testament, pour qu'il remplisse son devoir de prince et se rende digne que Notre-Seigneur assure la prospérité de son règne, conduise lui-même ses affaires et le protège contre ses ennemis pour ma grande consolation ! « — Sandovai, , Uist. de Carlos V , tom. II dans les appendix, où l'on trouve aussi le testament