SIÈCLE DE LÉO?( X
nement, se hâtait de se placer haut à la tête du mouvement scientifique de l'Europe. Rome était devenue non -seulement la capitale du monde chrétien , mais encore le Panthéon des lettres profanes. Il n'était pas un poète italien , un savant d'Europe qui ne fût appelé et secouru par les libéralités du pape. Des imprimeries furent établies ; une académie fondée dans toute sa splendeur; Sannazar, Acolti , Bembo, Berni, Trissino, et le grand Arioste furent couronnés des lauriers du Capitole ; le pontife était plutôt leur ami que leur protecteur ; la peinture enfantait des chefsd'œuvre ; la sculpture disputait de merveilles avec l'antiquité grecque. Mais cette protection éclatante tenait au goût personnel de Léon X , et ne répondait pas au vaste mouvement de progrès , de civilisation et de liberté *. Le pape n'opposa rien au torrent des idées , au besoin des opinions ; la société était avide de nouveautés. La hiérarchie de l'Église était elle-même ébranlée ; on sentait le besoin de la règle , et personne ne voulait plus la subir ; les monastères gémissaient sous le frein ; ils demandaient sourdement à se séculariser, à jouir de cette liberté facile des chanoines et des évêques; les ordres militaires de chevalerie, voués par leurs statuts au célibat, appelaient une vie
* L'excellent ouvrage anglais de sir William Roscoe a détaille tovit le pontificat de Léon X.