L'EMPIRE D'ALLEMAGNE
iution éclate sans que le sol y soit préparé. La situation des États et de la propriété territoriale influe profondément sur le succès ou la chute des doctrines.
L'Empire était toujours régi par la bulle d'Or ; il n'avait point cessé d'être électif, et le désir de ceindre la pourpre et de porter la grande épée de Charlemagne jetait du désordre parmi les jnembres du corps germanique. Les ducs d'Autriche, de Saxe et de Bavière , et jusqu'aux électeurs ecclésiastiques , vivaient au milieu de divisions profondes; ils étaient sans cesse aux mains, faisaient des traités séparés , et chacun visait à l'indépendance absolue, à la plénitude de la souveraineté. Dans cette situation des Etats , toute opinion adoptée par un électeur pouvait être repoussée par l'autre; les moyens de coercition que permettaient les bulles de l'Empire étaient lents ; ils ne pouvaient s'exécuter que par les armes, et au milieu de cette anarchie il était facile à une nouveauté de se sauver sous l'aile d'un électeur. Les sentimens orthodoxes n'avaient pas toujours dominé la Germanie; les querelles continuelles avec le saint-siége y avaient favorisé les hérésies diverses, et les écoles retentissaient encore des doctrines de Jean Huss et de Jérôme de Prague *. En considérant même le caractère
* Jlisloirc ConsHlutioTiHellc, toiu. ni, pag. 10 à 40.