CAUSES DE LA RÉFORME
hache dans cette belle organisation qui avait embrassé le moyen âge de sa civilisation et de ses mystères. Le catholicisme régna tant que tous les élémens de la sociabilité se rattachèrent à lui, tant que la grande parole des Athanase , des Augustin, des saint Bernard guida la pensée humaine; mais lorsque la science, les arts, les liens civils et politiques se séparèrent du pontificat; lorsqu'à la lutte de la propriété féodale et territoriale contre les clercs succéda un plus noble combat de doctrines de raison entre deux écoles , lorsque les papes ne tinrent plus dans leurs mains tous les élémens de la puissance morale ; alors l'autorité matérielle fut facilement attaquée. Dans les douzième et treizième siècles , époque centrale dii moyen âge, une hérésie était un déchirement social , une révolte contre le magnifique {^uvernement qui avait ses lois, ses puissans défenseurs , sa miraculeuse parole. Alors le catholicisme déposait partout ses merveilles : là ses cathédrales , mystérieuse exprestion des élancemens de l'âme vers Dieu ; ici ses beaux livres qu'une philosophie dédaigneuse a défigurés en les présentant sous la forme de spéculations absurdes et de disputes oiseuses : comme si chaque génération n'offrait pas les mêmes luttes de philosophie, de politique et de sociabilité ; comme si les questions de liberté , de gouvernement, de forces et de balance sociale ne se rc-
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produisaient pas avec des noms difîérens à toutes les époques ; comme si les disputes de la grâce, du libre arbitre, de l'éternité des peines , du purgatoire, ne se rattachaient pas à un système social qui avait sa pensée aussi bien que le nôtre ! Qui sait peut-être si , philosophes moqueurs , à leur tour nos enfans , en possession d'une civilisation nouvelle et plus féconde , ne se riront pas des questions qui ont tourmenté les dix-huitième et dix-neuvième siècles!