‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 36 sur 185 · CAUSES DE LA RÉFORME · texte numérisé non relu

CAUSES DE LA RÉFORME

Resta pourtant au fond un ferment de discordes auquel s'ajoutèrent quelques vieux levains d'hérésie des treizième et quatorzième siècles. Si dans les grandes cités les magistrats municipaux, les confréries marchandes s'unissaient par leurs emblèmes , par leur saint , leur patron , au culte pur du catholicisme ; si on les eût diflicilement séparés de leurs pieuses églises, des cérémonies qui se mêlaient à leurs vieilles coutumes , à leurs émotions de famille, les hommes simples des campagnes devaient plus facilement adopter une réforme qui les déchargeait de la dime des champs et leur présentait un culte dégagé de redevances et plus approprié à leurs goûts naïfs des montagnes. Un se souvenait encore dans certaines contrées des Vaudois, des pauvres de Lyon, des Albigeois , et les traditions de race devaient seconder un mouvement de réformation religieuse.

Telle était la société à l'apparition des doctrines de Luther ; j'ai eu besoin d'en caractériser les diverses tendances scientifiques, l'état de la propriété et des souverainetés , tous les accidens qui pré})arèrent ces doctrines, les causes premières enfin de leurs rapides progrès et du mouvement social qui seconda leur merveilleuse propagation. La réforme ne fut point un fait subit , éclatant comme le tonnerre pour renverser le puissant édifice de l'Eglise catholique; ce ne fut point la parole seule d'un homme portant la

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