THÈSES DE LUTHER
son ordre ; il avait été doublement frappé de la magnifique puissance de la capitale du monde eatholique et de la licence des mœurs du clergé italien*.
Les premières disputes ne furent, à vrai dire, que des thèses de couvent à couvent , des controverses d'intérêts et d'opinions philosophiques ou universitaires : Luther prêcha contre les abus des indulgences , puis il fut amené à nier le pouvoir qui les accordait; tandis que Tetzel, chef de l'ordre de Saint-Dominique, exagérait au contraire ce pouvoir, et agrandissait le vaste système du purgatoire.
Il faut lire dans les écrits de Luther lui-même toutes ses émotions de crainte et d'hésitation devant cette grande figure de la puissance pontificale qu'il attaquait:» J'étais seul, et jeté dans celle affaire sans prévoyance. Qu'étais-je, pauvre misérable moine, pour tenir contre la majesté du pape, devant lequel les rois de la terre, que disje ? la terre même et l'enfer tremblent ! Ce que j'ai souffert la première et la seconde année, dans quel abattement je me trouvais , ah ! ils ne le savent point les esprits confians qui depuis ont attaqué le pape avec tant de forcée et de présomption ! Si j'avais alors bravé le pape comme je le fais
* CocnL^rs , de act. et vit. Luther. — Florihond de REHonn , Hist. de r/iéivsie, liv. i*""", chujt. v.