THÈSES SUR LES INDULGENCES
aujourd'hui , je me serais imaginé que la terre se lut à l'heure même ouverte , ainsi que pour Coré et Abiron. Lorsque j'entendais le nom de l'Église, je frémissais , et offrais de céder *. »
A mesure qu'on s'avançait dans ces disputes, chaque parti cherchait à les régulariser. Il ne faut pas confondre toutes les époques delà prédication de Luther : la première période est encore toute Ciitholique ; le professeur ne fait qu'adopter les simples progrès des idées , le mouvement des esprits opposés aux indulgences. Il y a répulsion dans les tètes pour l'abus de leurs prédications, il s'en empare : aussi sa première thèse est toute théologique ; elle n'entre point encore dans le mouvement plus large de la philosophie ; elle contient quatre-vingt-quinze articles adressés à Albert , archevêque de Mayence , auquel Luther semble les soumettre : « Les indulgences sont un abus qui porte le peuple à croire que l'argent sauve les âmes; elles ne sont et ne peuvent être qu'une relaxation des peines canoniiiues pour les vivans; le pape ne les accorde. point en vertu du pouvoir des clefs, mais par manière de suffrages. L'indulgence n'est pas à mépriser ; mais l'étrange abus
* J'ai emprunte cette traduction a M. Michelet, dans la Revue des Deux-Mondes. Au reste , les expressions sont liresque identiques avec la préface latine, œuvre de Luther, it placée en tête de l'édition de 1582.