CONFER. DU LEGAT ET DE LUTHER
caractère aller aux extrêmes , tout engager et tout perdre ; ensuite il appartenait à l'école des dominicains ; il était plutôt partie que juge dans la querelle des deux ordres.
En arrivant à Augsbourg, où la diète était convoquée , le cardinal manda Luther pour conférer avec lui et rétracter les erreurs qu'il avait avancées. Le docteur s'y rendit pauvre et à pied * ; mais cette entrevue ne produisit aucun résultat , quoique Caietano l'eût reçu avez assez de douceur **. Le légat développa la théorie des dominicains sur l'absolue puissance de Rome; Luther soutint les prin«'ipes qu'il avait avancés, tout en appelant au pape mieux informé et en se soumettant à son jugement. Deux conférences inutiles furent ainsi essayées : « J'allai à ces conférences secrètes, écrit Luther : un certain clerc italien vint me voir pour me séduire ; il me dit ; « Est-ce » que tu penses que l'électeur Frédéric prendra » les armes pour te défendre? — Je ne le voudrais » en aucune manière, répondis-je. — Eh bien! où » habiteras-tu ? — Sous le ciel. » Puis il ajouta : « Si tu avais en ton pouvoir le pape et les cardi-
■ naux , qu'en ferais-tu ? — Je les traiterais avec » honneur et révérence. » Alors il fit un signe avec le doigt à la manière des Italiens , en s'c-
■ * Patiper et jicdcster.
*" Salis rhmenter acpropè recerentius.