FUITE DE LUTHER
criant : hcni ! hem ! Depuis je ne l'ai plus revu *.
Luther , apprenant qu'il devait être conduit captif à Rome , s'enfuit d'Augsbourg , et vint se placer sous la protection de l'électeur de Saxe. Vainement le légat le réclama-t-il avec persistance, Frédéric répondit : « Que plusieurs gens très-habiles des Universités avaient jugé que la doctrine de Luther n'ét:ut pas erronée ; qu'il ne voulait pas priver sa grande école de W'ittemberg d'un si savant homme , et qu'il le protégerait tant qu'on ne l'aurait pas convaincu d'erreur et d'hérésie *". »
Dans cet ébranlement général des opinions , parut la bulle du pape qui , au lieu de modifier le système des indulgences, y persistait plus fortement que jamais , et cherchait à réveiller la foi ardente des catholiques pour les troncs destinés aux âmes du purgatoire , et la théorie d'une somme d'argent pour chaque délivrance ***. Cette bulle fit le plus mauvais effet en Allemagne ; elle agrandit la popularité des doctrines de Luther; elle appela une prédication plus vaste , mieux protégée; les principes de l'Université de Wit-
' Préface de Luther, édition de 1582.
** Epist. Frédéric sa.r. adcardin. Caielatio , in op. Luther. *** Elle n'est que dans Pallavicin. llist. concil. tn'd., liv. i", chap.xii, n"8.
PROGRÉS DU LUTIIÉRAMSME (1518). 97
temberg s'étendirent dans toute la Germanie; plus le pape se raidissait contre le mouvement opposé aux indulgences , plus ce mouvement devenait grave. Jusqu'ici la philosophie était restée catholique; la prédication du luthéranisme allait l'entraîner au dehors; la science se prononçait contre la hiérarchie papale. C'est la seconde période de la réforme. La puissance qu'elle attaquait était immense , et avait dominé la grande époque du
! moyen âge. Mouvemens populaires , législation , arts , rapports d'État à État , tout rentrait alors dans le sein du catholicisme ; cet ascendant mystérieux de l'Église explique les trerablemens , les sueurs de Martin Luther dans la lutte qu'il allait
I engager.