PUISSANCE DE LUTHER
l'isolement et la retraite avait rêvé une idéologie religieuse : la population savante le protégeait ; et quelle que fût la persistance d'Aléandcr à soutenir que la diète n'avait point à appeler Luther pour l'entendre , sa doctrine ayant été condamnée par le pape , l'empereur , d'après l'avis des électeurs , déclara qu'il devait lui envoyer un saufconduit, afin que tout se fît avec prudence et réflexion, après avoir inutilement tenté la conversion du professeur de Wittemberg *.
Le sauf-conduit portait que sur la route Luther ne pourrait élever la voix et parler au peuple ; mais le laborieux et tenace professeur ne put résister, et lorsqu'il arriva chez les augustins d'Erfurt qui lui donnèrent l'hospitalité, la multitude ayant demandé la manne du ciel , Luther s'écria : « 0 mes frères ! ne vous livrez point pour votre salut aux actions humaines; l'un bâtit un temple, l'autre va en pèlerinage à Saint-Jacques ou à Rome, un troisième jeûne, prie, marche nu-pieds; tout cela ne sert à rien, tout cela doit être détruit , car tout ce qui vient du pape n'est que pour obliger à donner. » Etle peuple applaudit**.
Quand il vint à Worms, une suite de chevaliers de l'ordre teutonique l'accompagnait; il s'abrita dans leur vaste manoir; le lendemain il parut
• WEi^NcrH. m vi'td Luther, capv. — B»RO?(irs, 1520. ii" 60. '*SLEiDi:^, lib. m, cap. xxxiv.