LES ALLEMANDS A ROME
La prise de Rome par l'armée allemande offrit des inoidens curieux qui, dans la marche du luthéranisme, prouvent son progrès parmi les multitudes. Les soldats de l'empereur s'étaient enjparés du vieux Capitole et tenaient le pape assiégé. Dans l'ivresse de la victoire, les Allemands se revêtirent des habits pontificaux, de l'étole , de la robe rouge assignée au cardinalat ; on les voyait burlesquement montés sur des ânes, imitant cette procession solennelle qui annonçait l'exaltation d'un nouveau pontife; puis, se réunissant en conclave , ils proclamèrent Luther le chef de la réforme, pape de l'univers religieux *. C'était une singulière position que celle de Charles- Quint; il assiégeait le pape, saccageait Rome, et soutenait le catholicisme en Allemagne. Dans son immense pensée de l'empire de Charlemagne, l'unité était la grande force ; le catholicisme seul pouvait lui servir de base , sauf ensuite à fouler la tiare de ses sandales d'or.
Tandis que la constitution du luthéranisme avançait dans l'Empire, les grands succès de (]harles-Quint enhardissaient l'archiduc Ferdinand, son représentant en Allemagne, à tenter de nouveaux efforts pour cette unité catholique, sur laquelle s'appuyait la puissance impériale. 11 avait rassemblé une nouvelle diète à xVugsbourg, puisa Spire**,
* CocHiiEi;s , ad ann. 1527 , pag. 167.
** Les princes protestans y furent très mal acueillis:«i\««-