‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 73 sur 185 · LUTHER CONTRE LA DIÈTE D'AUGSDOURG · texte numérisé non relu

LUTHER CONTRE LA DIÈTE D'AUGSDOURG

et là il avait encore proposé l'exécution de l'édit de Worms, triomphe complet de la doctrine romaine. Ces diètes n'adoptèrent pas la proposition d'une manière absolue ; mais elles n'osaient plus aussi ouvertement braver l'empereur à la tète d'une armée puissante et victorieuse. Mélanchton suivit l'électeur de Saxe à Augsbqurg et à Spire; il y venait défendre avec la modération de son caractère les doctrines et les intérêts de la réforme. Quoique Luther ne parût point dans ces assemblées, il voulut y faire régner sou influence; et comme on imputait à sa prédication le désordre de l'Allemagne , il se crut obligé de répondre. « De quoi nous accusez-vous ? Les abus que j'ai attaqués par la parole étaient prêts à tomber quand j'ai commencé d'écrire , car tous nous étions las de la corruption. Si je n'eusse instruit les peuples de la foi en Jésus-Christ et de l'obéissance aux magistrats , l'Allemagne marchait à sa ruine; tout se préparait à une révolte générale contre le clergé , et dans ce désordre l'athéi-sme et la rébellion se seraient posés d'eux-mêmes ; l'électeur de Saxe n'a pu arrêter la réforme d'abus dont chacun était fatigué. »

qtthm (dit Mélanchton) fuit tanla frequentia ilUs comitiis àfX'h'" î"a«'« *'« ^'«'* ^«^y ^f quidam vultii significatit quantum nos oderint et quid machinentur ; plané cuim

sumns in hdc urbe xarap/^ira xa,] irspifii/*âra. » (MÉLAHCnTO>' ,

Episl. ad Camerarium , pag. 119.)

148 PK0T£STATI0]\ COINTRE LA DIETE (152l>).

Le mouvement des esprits qui se prononçaient en Allemagne ne permit pas le triomphe absolu de l'o})inion catholique. La majorité de la diète prit un moyen terme : « l'édit de Worms devait être exécuté partout oîi des changemens religieux ne s'étaient point montrés encore , et il était défendu désormais de modifier les croyances. Là où le luthéranisme avait pénétré, où il était impossiWe de l'éteindre sans un péril imminent de sédition , on maintiendrait l'état actuel ; on n'abolirait pourtant pas la messe ni le libre exercice de la religion catholique; les sacramentairesde Carlostad étaient bannis de l'Empire , et les anabaptistes punis de mort ; les prédicans ne pourraient annoncer l'ivvangile que d'après les textes et les interprétations reçues dans l'Eglise ; enfin , pour tous les cas douteux , on attendrait en paix la réunion d'un concile , car il était de toute importance de maintenir le calme au sein de l'Empire agité *. »

Cet édit de la majorité de la diète n'était plus en rapport avec la tendance des opinions ; il ne pouvait arrêter des prédications populaires qui répondaient à la multitude et aux intérêts. Il y eut donc au sein de la diète une minorité proiestante , et de là vint cette qualification nouvelle

* Sleidah. tom. VI, pag 19, c( Pauavicik. Histoire du conrilc de Trente. ,

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