RÉYOLUT. DA^'S LES FORMES POLITIQUES
tendance réformatrice , et une dcciaration publique du sénat prononça qu'on suivrait l'exemple de Zurich *. Il se développait ici un fait immense dans la marche des esprits. Durant le moyen âge , et même au quinzième siècle, l'autorité civile, les magistrats des villes , les rois , les empereurs s'étaient constamment gardés de décider par leur autorité les questions religieuses : quelquefois des résolutions brutales du baronnage et de la chevalerie avaient heurté de front les clercs; mais aucune solution purement religieuse n'était émanée d'une autre source que du pape, des conciles ou des évêques : maintenant les princes séculiers, les sénats intervenaient pour décider des points de foi controversés; ils prononçaient entre deux versions d'une même croyance; ils se déclaraient catholiques ou luthériens, à leur gré et suivant leur impulsion et leurs intérêts. C'était une innovation grave dans l'ordre des juridictions et du pouvoir.
Cette confusion de l'autorité civile et religieuse aux mains des magistrats , se produit dans les lois comme dans les actes d'administration publique; presque partout la réformation embrasse ces trois ordres d'idées : la morale , la religion , les lois politiques de la cité. Les statuts de Berne faits par les illustres et puissans seigneurs l'an 1536, l'an-
* Sliidah , Comment, lib. iv, pag. 182.