ÉCOLES DE LA KÉFORMATIO.N
échappe à ces faits matériels qui éclatent autour d'elle pour donner la victoire ou imposer la défaite : on ne tue pas une opinion; souvent elle grandit dans le malheur ; et comme si Dieu avait voulu montrer qu'il y a des choses qui ne tiennent pas à la terre , l'époque du triomphe politique d'une doctrine est presque toujours le moment de sa décadence et de sa ruine. En retraçant la lutte armée du catholicisme et de la réforme, je n'ai donc envisagé qu'un coté de la question ; il faut suivre maintenant la marche morale des deux Églises , et raconter la constitution , la force et les progrès de l'une et de l'autre. La réformation s'était morcelée à son origine , et cela devait être ; en jetant au milieu de la société le libre examen , l'appréciation rationnelle des Écritures , elle ouvrait une large carrière à toutes les innovations : des écoles nombreuses et diverses s'étaient montrées; et les tentatives de Luther et de Calvin pour poser des limites à cet esprit de disputes et de haines , avaient été impuissantes. Toutefois , en résumant les doctrines de la réformation , en écartant les nuances incertaines , les petits accidens de détails, ou pouvait les diviser en cinq grandes écoles :
1° L'école luthérienne , c'est-à-dire la succession des doctrines de Luther, telles qu'elles avaient été fixées dans ses formules et dans son catéchisme; 2° les calvinistes et zwingliens, con-