‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 2 sur 234 · ÉCOLE LUTHÉRIENNE · texte numérisé non relu

ÉCOLE LUTHÉRIENNE

fondus à travers quelques légères distinctions sous la connnune désignation de sacranientaires , et trouvant une plus sombre et plus rigide expression dans les puritains; %" les antitrinitaires, rejetant le mystère incompréhensible de la triple personne ; -4° les sociniens de la grande et vieille école de Servet , déisme pur si violemment poursuivi par Calvin; 5" enfin les anabaptistes , c'est-àdire l'application active, remuante, populaire du puritanisme cherchant à fonder son gouvernement d'après les bases des Saintes Ecritures. Je ne parle pas de l'Église anglicane; elle fut plutôt une forme politique que l'expression d'une doctrine.

Le luthéranisme avait peu varié des hauts enseignemens posés par son fondateur ; sa tendance était alors toute conciliatrice ; des hommes de science et d'avenir songeaient toujours à cette fusion de sentimens et d'opinions. En 1371 , ils avaient tenu un synode à Dresde et arrêté une formule de foi touchant l'incarnation et l'Eucharistie. Là fut combattue la théorie des ubiquitaires , ([ui soutenaient que le Christ était partout , même selon la nature humaine. On reconnut que Jésus était présent dans la cène , et que le pain et le vin représentaient son vrai corps offert sur la croix et son vrai sang pour nous purifier *. Cette confession de foi auïena de

' llosri::«iE5 , de Cœnœ dominico' I , institut, t. ii , et in nper. eut titulns Conrordia disrors.

4 ÉCOLE LUTIIÉUIEISNE (1570—1585).

nouvelles divisions entre les luthériens : ceux de Wittemberg, de Saxe et de Misnie dressèrent un catéchisme qui fut condamné par les théologiens de Brunswick et de Mansfeld. L'assemblée tenue à Torgaw, en 1576, prit pour règle de ses doctrines la confession d'Augsbourg, les articles de Smalkalde , le grand et le petit catéchisme de Luther , et reconnut la formule arrêtée à Dresde sur l'incarnation et l'Eucharistie. Ces principes lurent soutenus avec chaleur par Jean Brentius *, un des chefs de la réforme après la mort de Luthe. Brentius , constamment occupé à combattre le système de Zwingle, enseignait que le baptême n'effaçait point toute sorte de péchés ; l'Evangile ne devait pas être considéré comme une loi ; c'était seulement une nouvelle agréable **; ces dogmes étaient encore appuyés par Illyricus, esprit vaste , d'une humeur inquiète et turbulente , soupçonné toutefois de manichéisme , car il avait dit que le péché n'était pas un accident, mais l'essence même de notre âme. Les luthériens firent plusieurs tentatives pour réunir dans une commune confession de foi les diflérentes sectes réformées; leur dernier effort se montra dans l'assemblée de Francfort , synode général pour

* Mekhior Adam, in f^if. Jurisr. Germon., etDïTiior, I xivii, in fin.

** Ses ouvrages ont été publiés en huit vol. in-fol.

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