‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 10 sur 234 · MOUVEMENT DES DOCTRINES OE L'EGLISE CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

MOUVEMENT DES DOCTRINES OE L'EGLISE CATHOLIQUE

Situation du catholicisme. — Ses diverses écoles. — École du pape. — Des conciles généraux et provinciaux. — De l'Université — Des monastères. — Baïus. — Saint-Charles-Borromée. — Sainte-Thérèse.

Résistance du catholicisme. — Esprit de l'Eglise. — Organisation. — Prédications populaires.

Le fondement du catholicisme était l'unité. Depuis sa -sainte et divine origine, l'Eglise avait ton-

ÉCOLES CATHOLIQUES (1570—1585). l'J

jours lutté pour la maintenir ferme, stable ; et de là cette admirable personnification dans le pape , unité à triple couronne, puissance morale et mystérieuse. Cette tète inflexible , tcte blanchie d'un vieillard souvent, mais hautaine, préoccupée de sa grande mission, avait produit les schismes, amené des divisions dont gémissait l'Eglise. Quelques concessions auraient suffi, à l'origine, pour ramener les sectes dissidentes; le pape les frappa toutes avec vigueur, d'où résulta sans douté une plus grande énergie dans le principe catholique, mais en même temps moins d'extension et d'universalité. On se sépara de ce qui ne voulait rien emprunter qu'à sa propre vie.

Ces immenses efforts pour maintenir l'unité n'étaient pas toujours heureux; le catholicisme, se personnifiant dans le pape et saluant sa suprématie , se morcela en une multitude d'écoles qui , sans être rejetées hors de la doctrine orthodoxe , n'envisageaient pas les questions de discipline sous le même point de vue. Ces écoles , sauf quelques légères nuances, reconnaissaient les mêmes dogmes, établissaient les mêmes principes ; seulement elles différaient sur la question des fornAs constitutives de l'Eglise , sur sa hiérarchie et ses pouvoirs.

La première et la plus haut placée était celle des conciles. Les conciles se divisaient en deux catégories ; 1" les immenses assemblées, qui , réunissant toute l'Eglise, venaient de temps à autre re-

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constituer et proclamer les principes, poser les dogmes, formuler les croyances et les symboles de la foi catholique; 2° les assemblées provinciales, agrégations disciplinaires qui , sous l'autorité du métropolitain , s'occupaient à corriger les mœurs des clercs et à établir les règles pour les localités. Il y avait complète dissidence entre l'unité papale et l'autorité multiple des conciles généraux; on a pu voir cette lutte poindre et se développer surtout aux conciles de Bàle et de Constance *. Depuis la grande réunion de Trente , l'unité avait triomphé. Le concile s'était abaissé devant la tiare désormais en pleine possession du pouvoir ; les papes avaient dominé les évéïjues. Aussi les décisions prises à Trente furent proclamées comme la règle invariable de l'Eglise ; Rome les offrit aux souverains et aux peuples comme des maximes inflexibles ; on négocia pour l'adoption du concile de Trente dans les divers Etats comme pour leur grande charte politique. Les papes avaient éprouvé trop d'angoisses, subi trop de diffcultés dans les dernières réunions de l'Eglise universelle , pour qu'ils ne cherchassent pas tous les moyens d'en éloigner la convocation ; et une fois maîtres du concile de Trente, ils en firent dépendre l'orthodoxie de la foi catholique.

* Voir mon Histoire constHulionneUe et administrative de la Franco, tome, m,

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