LV LIGUE
les questions de foi et d'intérêt religieux , le refus qu'il renouvelait de recevoir le concile de Trente , base et charte de la grande Eglise romaine ; les espérances de la maison de Guise, la guerre de Flandre qui compromettait les droits (le l'Espagne, tous ces motifs rapprochaient les zélateurs ardens du catholicisme. La ligue formait un corps , jetait les principes de son gouverne- )iient ; ses actes circulaient surtout parmi la bour- ;^;eoisie de Paris, et dans la plupart des provinces; llenri III s'était placé un moment à la tête de cette vaste organisation ; mais quelle confiance pouvait-on avoir en ce roi qui négociait avec le Navarrois, et ménageait les huguenots jusqu'à ce [)oint d'accorder la liberté de conscience , les places de sûreté et le culte public à l'hérésie ? La maison de Guise était la seule fervente , la seule dévouée , la seule qui offrait des garanties au parti qui s'était confié en elle.
La ligue , considérée comme gouvernement f)rganisé , pouvait être envisagée sous deux points do vue : 1° dans ses rapports avec le propre parti qu'elle dirigeait , c'est-à-dire avec les villes muni- ••ipales, la bourgeoisie, les métiers, les confréries; 2° dans ses relations à l'étranger ; car la pensée catholique , embrassant l'universalité des peuples , devait dominer les négociations qu'ils avaient entre eux. La ligue s'était étendue dans les provinces à une petite fraction de noblesse