LE ROI D'ESPAGNE ET LA. LIGUE
unie à la maison de Guise; elle plaisait au peuple surtout. Dans les villes on avait signé la charte d'union que les prédicateurs annonçaient en chaire comme le seul moyen de résistance contre les tentatives des hérétiques, gentilhommerie territoriale dévouée aux doctrines calvinistes. Ces menées étaient déj,à publiques et avouées ; le parti catholique était assez fort pour ne pas se déguiser *.
A l'étranger , les premières sympathies de la ligue devaient être pour l'Espagne. La correspondance de Philippe II avec ses ambassadeurs successifs à Paris, constate toute la sollicitude avec laquelle ce roi recommande de suivre l'organisation catholique et de la favoriser. Dès l'origine , l'Espagne se mit en rapport avec la maison de Guise : « Ne négligez pas le duc de Guise , soyez eu bonne intelligence avec lui ; suivez toutes ses démarches , » dit le roi d'Espagne.
Le 8 mars 1578 il écrit encore don Juan de Vargas Mexia : « Vous avez très-bien fait de m'avertir de ce que le duc de Guise s'est mis en relation avec l'ambassadeur d'Ecosse , et de ce que ledit duc avait avancé:» qu'eu cas oîi il V eût un grand mouvement en ce royaume , il demeurera ferme dans l'obéissance à son roi et au maintien de la religion
* 1.584. " Le Manifeste de la sainte-ligue. • Poitefeuilies Fontanieu , Mss. n"» 3.58-3.59.
168 CONJURATION DE SALCEDE (1582).
catholique. » Il sera bien nécessaire d'avoir des prévenances pour ce duc et pour tous ceux de Guise , et les maintenir en ma dévotion par lesmeilleurs moyens que l'on pourra. Je vous charge de votre côté de rechercher ces moyens , traitant surtout avec la dissimulation que vous savez.*. » L'ambassadeur ne laisse jamais passer l'occasion de parler de la maison de Lorraine; il écrivait au roi son maître : « Le due de Guise et le cardinal son frère ont fait leur entrée dans cette ville avec un accompagnement et une suite vraiment extraordinaires ; le roi les a reçus avec courtoisie et trèsgrandes caresses, et avec la même familiarité que s'il ne s'était rien passé ** . « Le journal de Juan de Vargas est l'expression de ses conférences avec Henri de Guise. Le roi d'Espagne s'adresse à son ambassadeur jusqu'à ce que plus tard s'engagea la correspondance secrète où le duc de Guise se cache sous le nom de 3Iucius. Aussi la ligue élève-t-elle haut Philippe II ; c'était de lui qu'elle attendait secours et apj)ui. On voit déjà cette action de l'Espagne , cette vaste conjuration contre la couronne des Valois , dans le procès de Salcède. C'était au temps où le duc d'Anjou se destinait à passer
* Con la dissimulncion que snheys. cot. B 47''''. Archives deSimancas, cot. B50''".