‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 111 sur 234 · LE DUC DE NEVERS A ROME · texte numérisé non relu

LE DUC DE NEVERS A ROME

pape, Gonzagues , duc de Nevers , beau-frère de Henri de Guise , et qui s'était alors entièrement jeté dans les idées de la ligue. M. de Nevers arriva à Rome après le départ du père Mathieu , et comme lui il s'empressa de donner le récit de cette entrevue aux chefs de la sainte union.

Grégoire XIII n'existait plus, et Sixte-Quint, trop habile pour compromettre son avènement, montra dans ses conférences avec M. de Nevers une hésitation que son prédécesseur n'avait pas manifestée. Le roi de France d'ailleurs entretenait auprès du saint-père un ambassadeur, M. d'Ossat *, qui protestait sans cesse de la soumission tendre et aflectueuse de Henri III envers le siège de Rome. Dans la pensée du nouveau pape , la formation de la ligue était un acte trop décisif, trop tranché, qui, ayant des chances de non succès, pouvait jeter le roi tout-à-fait dans les mains des huguenots et donner à cette opinion en minorité toute la force de la couronne royale. Pour répondre à ces objections , les chefs de la ligue députèrent encore à Rome, mais en vain, l'ardent avocat David, l'auteur du projet primitif de la grande union. M. de Nevers n'eut pas un succès plus décidé. « Estant arrivé de nuict à Rome , je

* <■ Lettres sur les affaires de France a Rome, par >î. d'Ossat, depuis cardinal. » 1584. — Imprimées dans le I'"'' vol. des lettres du cardinal d'Ossat.

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