LA LIGUE EN PROVINCES
Sainct-Antoine , en une petite tour qui est fort près du clocher, en attendant que le commun peuple s'assemblast pour y venir *. »
Ces projets populaires à Paris peignent exactement l'état des esprits et l'énergie toute multitude de la ligue. Mais la grande et belle cité ne pouvait agir seule ; elle sentait que ses forces , quelque puissantes, quelque vivaces qu'elles pussent être, n'étaient pas capables de résister aux troupes royales , aux Suisses , lansquenets , reitres réunis. Aussi son premier soin avait-il été d'appeler à son aide les autres villes de France , et partout ses propositions avaient été accueillies avec enthousiasme. L'union de Paris députa des agens secrets qui avaient des relations dans les provinces, afin de les faire prononcer pour la ligue. Quand le mouvement éclaterait à Paris , il devait se manifester en même temps dans toutes les villes dévouées à la sainte-union. « Aux pays de Guyenne , dit un rapport secret , les ligues font état d'avoir Bordeaux, Agen et Blaye; au pays de Poitou le seul Brouage. Pour la Bretagne, ils peuvent avoir bonne part à Nantes; en Picardie ils pratiquent Péronne ; en Bourgogne, Auxerre , Dijon , Màcon ; ils pensent avoir Orléans par M. d'Entragues **. »
* Procès-verbal du nommé Nicolas Poulain, lieutenaul tle la prcvqsté de risle-de-France , etc.
** Béposilion de M. de Villefallier sur les troubles qui se
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Marseille tentait aussi sa révolution eatholi({ae : «Le mardi 9" du mois d'avril lo8o , la nuit, Daries , second consul , et le capitaine Boniface , font prendre les armes au peuple, vont premièrement à la maison du sieur Boniface , général des finances, frère du capitaine, heurtent à la porte , disant qu'ils avoient un paquet de lettres de monseigneur le grand prieur à lui remettre. Ledict sieur Boniface descend à la porte, sa femme portant la chandelle après luy. Ledict général des finances prit le paquet , et le consul Daries lui dict d'en exécuter le contenu. C'estoit le mot du guet donné aux meurtriers qui l'accompagnoient; car proniptement ils se jetèrent sur lui et le tuèrent à coups d'espée et de dague. » Aussitôt ils vont fouiller dans toutes les maisons des huguenots et en conduisent bon nombre prisonniers à la tour Saint-.Tean ; plusieurs même furent massacrés; ils s'emparèrent du fort Notre-Damede-la-Garde qui domine la ville, et ils écrivirent au sieur de Vins, un des chefs des ligueurs en Provence, pour qu'il vînt avec des forces leur prêter secours : « Mais Dieu suscita le sieur Bonquier , qui est un personnage vénérable et de grande auctorité sur la ville , de manière qu'il faict les consuls tels qu'il lui plaist , et faict ployer
préparaient dans le royaume. Biblioth. du Roi. Mss. de Bélhune, vol. cot. 8920, fol. 51.