IV
226 PKOJET SUR PARIS (1585).
i'cindroient y mener de nuict des prisonniers. Quant au Palais , ils trouvoient aisé de le prendre à l'ouverture d'iceluy ; le Temple et l'IIostel-deville de mesme façon. Mais quant au Louvre, qu'ils trouvoient un peu plus malaisé , ils le dévoient assiéger et bloquer par les avenues des rues, puis défaire les gardes du roy ou les allamer , afin de se saisir de Sa Majesté et de ceux qui seroient dedans le Louvre. Sur quoi il leur fut renionFtrés qu'il y avoit dans la ville une grande quantité de voleurs et gens mécaniques, qui passoient le nombre de six , voire de sept mille , qui n'estoient advcrtis de l'entreprise , lesquels il seroit malaisé de retenir, s'estant une fois mis à piller ; que leur bande feroit une pelotte de neige qui grossiroit toujours et apporteroit enfin ruine et confusion totale à l'entreprise et aux entrepreneurs. Sur cet advis , qui sembla considérable et très-pertinent , fut proposée l'invention des barricades , suivies et approuvées , finalement conclues; à sçavoir que joignant cbascune chaisne, il seroit mis des tonneaux pleins de terre pour empescher le passage , et que sitost que le mot seroit donné , nul ne pourroit passer par les rues que ceux qui auroient le mot et la marque pour y passer, et que cbascun en son quartier feroit la barricade suivant les mémoires qu'on leur envoyeroit. Seulement quatre mille hommes passeroient par lesdites barricades, tant