‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 154 sur 234 · NÉGOCIATION WEC LV LIGUE · texte numérisé non relu

NÉGOCIATION WEC LV LIGUE

ment prononcés pour la ligue , que toute négociation devenait clitHcile. 11 y avait de justes méfiances dans la pensée de ces ligueurs , effrayés des constantes hésitations d'un pouvoir qui ne leur était pas dévoué. Partout les populations fermentaient; et la reine-mère s'ctant rendue en grande hâte au camp des confédérés , écrivait à son fils : « Monsieur mon fils, j'espère que mon nepveu le duc de Guise viendra lundy; je crois là sçavoir leurs intentions : je désire vous faire entendre et représenter que du poinct de la religion ils sont tellement préoccupés qu'ils ne veulent rien négocier que par ce poinct-là ; je vous demande vostre intention à ce sujet. Eh ! vous dirai-je , monsieur mon fils, que je me suis bien portée ceste nuict? Grâce au ciel, je me suis ung peu levée pour faire faire juon lict : la douleur que j'avois hier au costé est un peu calmée ; et ay douleur à ung jiied , et l'autre est si foible que je ne me pourrois soutenir : aussi ne me tiendrois guères debout. M. de Mayenne a fort bonne volonté pour nous. Monsieur mon fils , le sieur de Chartellie m'a dict que sans M. de Guise, M. de Mayenne alloit venir me trouver, et m'a dict aussi que son arquebuse est pleine de bonne volonté pour ce pays. Vostre très-obligée mère ,

Catherine *. »

• Bibl. du Roi, Mss. de Bcthune , vol. cot. 8874, fol. 34.

242 TRAITÉ 1)E NFJIOURS (1585).

Cette femme souffrante , active dans ses vieux jours comme au temps des fêtes et des palais de Henri II , s'adressait à tous les ligueurs modérés , au duc de Nevers comme au duc de Mayenne, qui représentaient alors la partie négociatrice de l'union. Elle obtint la paix après des sueurs infinies , des souffrances et des humiliations de toute espèce : les conditions étaient dures , car les catholiques voulaient en finir avec des craintes et des hésitations sans cesse renouvelées. Dans les conférences de Nemours on arrêta : « Qu'il seroit faict un édict perpétuel et irrévocable par lequel tout l'exercice du calvinisme sera défendu , et déclaré qu'il n'y aura dorénavant en ce royaume autre exercice de religion que de la catholique , apostolique et romaine j tous les subjects du roy seront tenus vivre selon ladicte religion ou bien à vuider le royaume ; les hérétiques , de quelle qualité qu'ils soient , seront déclarés incapables de tenir bénéfices , charges publiques , offices , estats et dignités. Et sera déclaré que les villes données en garde à ceux delà religion pour leur sûreté, seront incontinent mises en liberté. Sa Majesté approuvera toutes les pratiques et levées de gens de ffuerre , ranconnemens , actes d'hostilité , et généralement tout ce qui a esté faict par les princes , officiers de la couronne , prélats , seigneurs, villes et connnunautés ; le tout pour la

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