LE ROI AU CLERGÉ
tes-Iuy que la guerre ([ui va estre mise en train est une guerrcsaincte pour nostre religion; je crois en conscience devoir me servir des revenus de l'Eglise ; c'est pour l'Eglise que nous prenons les armes ; c'est le clergé qui m'a forcé à m'armer, c'est le clergé qui doit me soutenir. » Chacun se récria sur les paroles doucereuses de Sa Majesté, qui demandait en définitive tant de fortes sommes d'argent ; on éleva la voix pour faire des remontrances ; le pauvre peuple, le clergé étalent épuisés et à court : « Vous avez demandé vous-mesme à guerroyer , s'écrioit Henri III * ; vous m'avez
* J'ai frou\é dans les Archives de Simancas, B 57^'''^(158G), le sonuet suivant , qui exprime la situation :
Le Roy. Je désire la paix, et la guerre je jure 5
Le (lue de Guise. Mais si la paix se fait, mon espoir n'est pi us rien, M. de Mayenne. Par la guerre nous vient le cresdit et le bien. Le card. de Guise. Le temps s'offre pournousavec la couverture. Le roy de Navarre. Qui comptera sans moi pendant que je l'endure,
Comptera par deux fois , je m'en assure bien j Le card. de Bourh. Chacun peut bien compter ce qu'il pense estre
sien.
La Rnync-Mere. La dispute ne vaut pendant que mon fils dure. Le Pape. Poursuivon.? néanmoinsla ligue et ses projets.
L' Empereur. Le roy donc perdra laFranceet ses sujets? Le roi d' Espagne. Si la France se perd je l'aurai test trouvée. La Frattce. Tout beau, il ne faut pas tant de chiens pour
un os.
Et ceux-là ont bien mal ma puissance esprouvce. Qui pour l'ambition me troublent le repos.