HENRI DANS L'ASSEMBLÉE MUNICIPALE
chascun sçail et l'a desjà vu, brusier et saccager vos moulins et maisons. Je fais la guerre contre mon aclvis : vous m'y avez forcé; il faut donc que vous m'aidiez à la faire vitement et fortement , m'octroyant les munitions et autres choses requises ; après quoy je nem'espargnerai nullement.» Il s'adressa ensuite à M. de Harlay , alors premier président au parlement: «Vous avez esté fort zélés et desvoués , mous, le premier président , ainsi que vos collègues , à la révocation de mon dernier esdict, et je vous en complimente bien fort ; il faut cependant que vous sçachiez qu'on ne faict pas la guerre sans deniers, et tant que celle-ci durera vous aurez bien tort de me rompre la teste de la suppression de vos gages. M. le prevost, adjouta-t-il en s'adressant au prevost des marchands, faictcs incontinent de mesme assembler les bourgeois et habitans de ma bonne ville * ; ils ont manifesté grande joye de la révocation de mon esdict , et ils ne seront pas faschés de me fournir deux cent mille escus d'or ; car, tout compte faict, cette guerre coustera quatre cent mille escus par mois. Mon cousin, dit-il au cardinal de Guise, vous voyez; je puise au fond des bourses ; je réunis et mets ensemble autant de deniers que faire je puis; maintenant le clergé fera le reste : dic-
* Harangue du roy faicle à messieurs de Paris le 11'' d'aoust 1585. ('ùvochurc.)