L\ LIGUE
la ligue. Il ne faut pas seulement chercher ici ces intrigues de moines , l'ambition inquiète de quelques vassaux , la politique du roi d'Espagne ; il y a quelque chose de plus haut , de plus instinctif dans ces vastes associations ; les opinions sentent leurs besoins ; elles y pourvoient par leur propre mouvement. Les catholiques ne se trouvaient plus en sûreté avec une royauté hésitante qui ne venait point à euv pour faire triompher leurs idées; ils prirent leurs précautions, se firent un chef, constituèrent son pouvoir, établirent leur ligue comme les huguenots avaient fait la leur : c'était chose simple *.
Dans l'époque féodale, chaque province formait une circonscription politique à part, distinguée par ses lois, ses in.stitutions, ses coutumes, souvent même par ses races d'hommes. Qui aurait jamais confondu la famille normande aux cheveux d'or, à la chair blanche et sanguine, vieille descendance Scandinave , colonisée dans les vastes herbages et les rians coteaux de la Neustrie , avec le Basque et le Béarnais aux yeux noirs , au teint bruni , disputant à l'aigle des Pyrénées ses
* J'aurai besoin de rectifier beaucoup d'idées sur la ligue, comme sur foute l'histoire de cette époque ; l'école historique du 18" siècle n'a développé dans sou travail que la caricature de la procession de la ligue : elle a cru avoir tout dit.