‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 163 sur 234 · ACTION SECRETE DE LA LIGUE · texte numérisé non relu

ACTION SECRETE DE LA LIGUE

Correspondance du duc de Guise , sous le nom de Mwius , avec l'ambassadeur d'Espai^ne. — Letlre contre la paix. — Demandes d'argent. — Sollicitations auprès de Montmorency, — Sur les opérations niilifaircs. — Sur la Flandre. — Contre la reino-nièrc. — Sur les villes liguées.

Les opérations militaires de la ligue se développaient Icntciuent ; les résultats n'étaient pas en rapport avec les forces alors sur pied; il n'y avait pas complète harmonie dans les armées con-

254 L'AMDASS.VDEUR ESPAGNOL (1585— 158G).

fédérées. Le due de Guise avait les yeux fixés sur l'Espagne; depuis la signature du traité de Joinville, la ligue avait pris des engagemens positifs avec Philippe II ; et c'est alors que commença cette correspondance mystérieuse , où le chef de la maison de Lorraine , sous le nom de Mucins, tenait l'ambassadeur espagnol au courant de tous les accidens politiques , de toutes les craintes de l'union *. Cet ambassadeur à Paris était Bernardino de Mendoça , qui avait remplacé Juan Baptista Taxis , chargé par le roi catholique de diverses négociations secrètes. Dans cette correspondance , qui se continua juqu'à la catastrophe de Blois , le duc de Guise fait preuve d'une activité surprenante. Les secours promis par l'Espagne se faisaient souvent attendre , et pour la réussite de l'entreprise, la promptitude était bien nécessaire : ne fallait-il pas seconder les bonnes intentions de Marguerite de Navarre, tout entière dans le mouvement de la ligue ** ? Le duc de Guise

* Cette correspondance si curieuse forme trois paquets dans les archives de Simaiicas ; quelques-unes des dépêches son( en chiffres, mais traduites par un secrétaire, lettre par lettre. Sur plusieurs de ces dépêches sont des annotation» de la main de Philippe II.

*' J'ai trouvé dans les mêmes archives une lettre fort triste

de Marguerite de Navarre à sa mère; elle est pleine de dou-

. leur filiale : « Monsieur de Saulan, puisque la cruauté de

mon malheur et de ceux à qui je rendisjamais que service

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