LE DUC DE GUISE SUR LA PAIX
cherche surtout à détourner la possibilité d'une paix ; toutes ses négociations tendent à éviter ce résultat. Bernardino avait eu une audience de Henri III, dans laquelle le roi de France manifesta ses craintes sur lissue de la lutte qui allait s'engager , tout en adoptant les principes de la ligue et subissant sa volonté^. Le 2o août 1383, le duc de Guise écrivait à l'ambassadeur : « J'ay entendu le discours de vostre audience , et si vous n'en pourchassez chaudement les effets, je crains fort que tout ira en fumée; je le laisse à vostre discrétion comme très-sage et advisé que vous estes; vous souvenant que , si l'on vous parle d'une paix générale en ce royaume pour faciliter ladicte
est si grande , que non content des indignités que depuis tant d'années ils me font pâtir, ils veulent poursuivie ma \ie jusqu'à sa fin, je désire au moins advant ma mort avoir ce contentement, que la royne manière sache que j'ay eu assez de courage pour ne tomber entre les mains de mes mnins de mes ennemis, vous protestant que je ne mangerai jamais ; asseurez-les , et les premières nouvelles qu'elle recevra de moi sera ma mort. Sous son assurance et commandement je lu'estais sauvée chez elle , et nu lieu de bon traitement que je me promettois , je n'ai trouvé que honteuse ruine : patience , elle m'a mis au monde , elle m'en veut ester. Si sais-je bien que je suis entre les mains de Dieu, rien ne m'adviendra contre sa volonté; j'ai ma fiance en lui et recevrai tout de sa main. Vostre plus parfaicte et meilleure amie, Marguerite. «Archives de Simaneas, H57''".
entreprise, reinonstrer qu'elle n'csl nullement nécessaire ; au contraire , durant la guerre ils ne peuvent tirer secours des hérétiques de deçà. J'ay envie d'envoyer vers le roi vostre maistre pour luy rendre compte de toutes nos affaires et vous instruire auparavant de la despesche ; mais j'en ay esté retardé par le sieur Juan de Taxis-, qui m'a escrit avoir charge parlera uioy , et l'attends depuis douze jours , et crois qu'il sera icy bientost. J'ay faict une despesche à Rome au cardinal Pellevé et au père Claude pour solliciter en diligence qu'on parachevast le procès, jà fort advaneé, du prince de Béarn comme héréticjue, relaps, et pour le proscrire, chose qui importe merveilleusement pour continuer nos desseins , pour mettre à fin ce que avons commencé, pour l'extermination de leur religion et empescher les desseins d'une paix trompeuse : je vous supplie en escrire à Rome aux ministres du roy vostre maistre afin qu'ils en fassent instruire comme chose importante à la religion. Je vous fis aussi dernièrement entendre combien il estoit nécessaire de secourir la princesse de Béarn, Marguerite, laquelle pour rien maintiendroit, selon nostre projet , la guerre en Gascogne , quelque volonté que Vvn eust à l'csteindre : je vous supplie en faire une despesche en toute diligence afin qu'elle puisse toucher les cijiquante mille eseus que devions recevoir . ou autrement nos desseins de continuer la guerre
viendroient à faillir ; enfin il est certain que Marguerite y soutiendra les armes. Je vous supplie escrire en extresme diligence afin que le fruict prétendu puisse réussir, le tout à la gloire de Dieu *. » L'Espagne ne montrait pas une grande exactitude dans l'exécution des engagemens contractés à Joinville ; elle avait promis des fonds , lesquels n'arrivaient pas; ils étaient pourtant si utiles , pour seconder surtout l'entreprise tentée par la reine de Navarre en Guyenne. Dans une lettre du 1-4 septembre 1583, le duc de Guise explique à l'ambassadeur le peu de moyens pécuniaires que possédaient les princes de la sainteunion; ils avaient à solder les reitres, lansquenets et Suisses, et c'étaient tous gens qui devaient être payés exactement; Sa Majesté catholique était donc suppliée d'acorder quelque bonne somme de deniers : « Nous l'attendons de sa libéralité, pour ne pouvoir que difficilement sans ce secours maintenir nos affaires en Testât que nous desirons ; sinon avec très-grande et périlleuse difficulté •'\ »
Et le 22 octobre il réitérait ses demandes : 0 Vous sçavez tous les efforts que nous avons faicts , pour réduire les affaires au poinct auquel vous les voyez tant dedans que hors le royaume ;
' Archives de Simancas , D 56 "" '• Ibid., cot. B56'
M'ir.i