‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 165 sur 234 · LETTRES SUR LES MONTMORENCY · texte numérisé non relu

LETTRES SUR LES MONTMORENCY

mais malaisément nous pouvons poursuivre et maintenir ce qui est nécessaire pour le soutien d'un si grand faix sans la faveur et aide du roy vostre maistre auquel je vous prierai de remonstrer et faire cognoistre quelle est nostre position qui importe au repos de ses Estats , ce qui ne peut estre sans e.vtresmes despenses pour lesquelles nous n'avons les reins assez forts. Voilà pourquoi je vous prie le remonstrer au roy vostre maistre, afin que promptement il fasse effectuer et respondre aux remontrances que je luy fais faire par J.-B. de Taxis *. »

Henri de Guise cherchait spécialement à entraîner dans la ligue le maréchal de Montmorency qui pouvait être d'un si grand secours en Languedoc ; il était à redouter par ses idées de transactions et de paix générale que les ligueurs voulaient éviter de tous leurs moyens. Le duc de Guise écrivait encore à don Bernardino de Mendoça : « Les événemens vous feront assez remarquer de quelle conséquence est l'alliance de Montmorency avec M. de Montpensier, estant certain qu'il se entremet desjà pour traiter de la part du roy de France avec le prince de Béarn , ayant commencé à donner espérance à la roynenière de la conversion dudict prince de Béarn , et elle qui ne demande que subject et occasion

* Archives de Siinancas, cot. 15 56 **'''.

LETTRES SUR LES REITRES (1586). 2ô\)

avec quelque petite couverture en la religion pour négocier une mauvaise paix, n'oubliera aucune chose pour y parvenir ; si est-ce pourquoy j'estime très-nécessaire d'enadvertir Sa Majesté catholique , afin de son costé y apporter remède qui dépendra de luy seul et du duc de Savoye : non que le pouvoir de Montmorency soit à craindre , lequel ne s'estend plus long que Languedoc, mais il est important d'y remédier, et vous souviendrez, s'il vous plaist , que dès le commencement de ces affaires je vous ai escrit que rien ne pouvoit tant apporter de subject à une paix que Montmorency si Ton n'y mettoit bon ordre. Je vous dirai que depuis mon arrivée en ce lieu j'ai faict plus que jamais résoudre le duc de Lorraine à s'opposer et déclarer ouvertement contre la venue des reistres hérétiques; et considérant qu'il n'y auroit rien à tant craindre que cette entrée, laquelle seroit cause de faire forger une paix beaucoup à leur advantage et aux despens de la religion catholique. »

Henri de Guise allait, de concert avec le duc de Lorraine , marcher contre les reitres d'Allemagne, étrangers maudits; il allait batailler les Suisses huguenots : « Monsieur l'ambassadeur, j'ai bon nombre de gens de guerre ; je crois pouvoir combattre avec succès ; c'est le seul moyeu de résister et ajjporter remède à toute mauvaist; volonté tant du costé du roy s'il estoit si mal

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