LETTRE CONTRE LA KEINE-MEKE
Béaru pour le faire joindre au iioslre , et seroil bien nécessaire que ledict maresehal se liast avec nous plutost qu'avee le roy, afin que d'un commun accord nous puissions donner la loy, car il est à redouter, ainsi que je vous ai plusieurs fois eserit , que par une paix générale tout le malheur de la guerre ne tombast sur les Estats de vostre maistre sans que nous eussions moyen de le divertir, c'est chose à quoi vous devez bien penser *. »
On apprenait que la reine-mère se disposait à négocier avec Henri de Béarn ; Catherine cherchait à conclure une bonne paix qui aurait arrêté les desseins des ligueurs devenus trop menacans. Le duc de Guise s'ell'rayait de ces négociations ; il fallait s'y opposer avec toutes les forces catholiques, car la sainte cause en dépendait ; il écrivait de nouveau à don Bernardino : « Je crains tousjours les desseins de la royne-mère qui se doit dans peu de jours voir avec le roy de Navarre , et que sur cette conclusion elle veut troubler le repos des catholiques de ces deux couronnes qui consiste en l'union. J'escris à mon frère que devant qu'elle puisse prendre conclusion, il s'en revienne en diligence en son gouvernement , qui ilepuis Auxonne , est tout nostre , et qu'il s'asseurc de Lyon , afin que nous soyons prests a
■ Auhivcs lie Siiuuiicas, col.Bô/" .
einpescher l'eftect de telles menées. Nous vous dismes qu'il nous falloit des moyens outre les nostres pour maintenir un parti ferme , tousjours prest et en estât contre tels desseins; je vous prierai bien fort de vouloir en diligence escrire pour l'expédition , afin qu'estant asseurés , nous prévenions un chascun avant ceste conclusion de paix; je vous prie aussi vouloir faire toute diligence pour les trente mille escus desquels nous avons nécessairement besoin et nous font trèsgrand desfaut *, »
Toutes les bonnes villes se déclaraient pour la religion catholique ; il fallait seconder leur ardeur ; les sommes de deniers promises par Philippe II étaient impatiemment attendues. Le duc de Guise développait à l'ambassadeur espagnol les impérieux besoins de la ligue; il lui exposait la situation des bons catholiques : « Vous voyez clairement Testât de nos affaires, et pouvez juger par les louables intentions qui ont conduict ceux de Paris à la résolution qu'ils desmontrent pour le service de Dieu , combien il nous est nécessaire d'establir nos moyens , de sorte qu'à toute heure nous puissions estre prests pour soutenir une si juste entreprise à laquelle la pluspart des bonnes villes se sont mises d'intelligence. Je vous supplierai vouloir advancer les affaires de ce costé ,
' Archives de Simancas, cot. B57^"*'.