MODELE DE LA LIGUE
du roi René, de ses grands sires, les Forbin , les Castellanne et les Sabrans ; de Marseille, aux tours vieillies de Sainte-Paule , et de la Joliette , avee ses braves consuls ; de Lyon, de sa sainte primatie, ses privilèges de ville fermée , sous la protection de Notre-Dame de Fourvière; de Tours , deBlois, cités brillantes dans le riche pays de la Loire? Toui tes ces villes étaient en rapport entre elles comme les gentilshommes pour leursfiefs *; il y avait intelligence de bourgeoisie à bourgeoisie, de conseils à conseils. Ces bons échevins, avec leurs chaperons, se réunissaient dans leur parloir , et là ils devisaient sur les maux de la religion, sur les menaces de ces montagnards huguenots qui voulaient leur ravir leurs belles images, leur saint patron de confrérie ; pourquoi ne se liguerait-on pas contre telles insolences? pourquoi ne s'unirait-on pas de ville en ville par de bons sermens , et puisque le roi notre sire tend la main aux hérétiques, pourquoi n'élèverait-on pas un autre chef ?
Cette pensée d'une ligue catholique était ancienne ; elle formait comme la réaction au mouvement de la réforme ; on en trouve des modèles pour toutes les provinces dans les années qui forment la période de 1570 à 1575 **; on se pré-
* Sur l'organisation de toutes ces villes, yoyetV H is lotie Constitutionnelle, t. m. p. 1 1 1 à 130.
** Association faite entre les princes, seigneurs et autres,