MORT DE JOYEUSE
La défaite de Joyeuse avait été décisive; le brave et noble mignon s'était conduit avec cette brillante témérité qui distinguait les jeunes favoris de Henri III. Il était mort la dague au poing au plus épais de la gentilhommerie béarnaise. L'armée royale avait fui devant l'aigrette de Henri de Navarre; la forte chevalerie des montagnes avait fait sentir le poids de sa lance aux jeunes hommes efféminés de la cour de Catherine. Mais la journée de Coutras ne couronnait pas le seul plan réalisable pour l'armée huguenote , celui de sa jonction avec les reitres. A. mesure que ces Allemands avançaient dans les pays du centre, ils trouvaient les communes soulevées. Les débris de Tarmée du duc de Joyeuse s'étaient réunis et se reformaient alors que le duc de Mayenne , avec les bourgeois de Paris, accourait pour les seconder. Puis, le temps d'hiver approchait; la chevalerie huguenote voulait rentrer dans ses manoirs
de Navarre, en l'honneur de la victoire obtenue sur M. de Joyeuse.
Seigneur, Ces bataillons fondus au feu de nos courages. Sans esteindre jamais nos ardeurs tant soit peu , Montrent que nous estions embrasés de ton feu, Et que la cire estoitle support de leur rage. Fais qu'en mesme danger jamais je ne m'eslonne ; Et puisque tes bontés, ce bien m'ont advancé.
Ne te contente point d'avoir bien commencé ,
Il faut que par la fin l'ouvrage se couronne.