‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 185 sur 234 · DÉFAITE DES REITRES · texte numérisé non relu

DÉFAITE DES REITRES

pour saluer sa dame , son vieux donjon , sa tour fortifiée; Henri lui-même, pou soucieux de la victoire , n'avait-il pas à déposer ses trophées aux ])ieds de la duchesse de Guiche , noble pensée de son cœur ?

Les reitres marchaient lentement ; leur armée, réunie à celle des Suisses , était nombreuse et devait prendre la France en travers pour hâter sa jonction avec la chevalerie de Henri de Navarre : toutes les villes étaient inquiètes, Paris surtout, car le manifeste des huguenots le menaçait spécialement. Le duc de Guise n'avait à leur opposer qu'une armée de dix mille comhattans, mais soutenue par toutes les populations qui couraient sus à ces bandes allemandes pillardes et avinées ; tous les traînards étaient traîtreusement percés de hallebardes et pertuisanes; on sonnait le tocsin à leur approche, tandis que l'armée du duc de Guise, avec une admirable tactique , les attaquait partiellement , carré de lances par carré de lances , et les harcelait pas à pas : « Mons. de Guise estant à Montargis , écrit Pasquier , est adverti par le sieur Duduzeau qu'une bonne partie des reitres logée à la Villemory, faisoit très-mauvaise garde , et qu'il les avoit recognus estant sur le point de souper, au luoyen de quoy seroit bon de leur aller porter le dessert. Cette affaire mise en délibération, il fut résolu d'y aller. L'entreprise est conduicte si à propos que les ennemis sont surpris pendant leur

Page 1