LE DUC DE GUISE AVEC L'ESPAGNE
à l'origine des opérations militaires ) : « Monsieur rainl)assadeur, je vous donne advis de la descente desreistres, Suisses et lansquenets. Je vous préviens qu'ils peuvent entrer en France, car le duc de Lorraine manque de forces pour les arrester ; j'ai bien levé quatre cents reistres , mais l'argent ne m'est pas encore arrivé de Flandres : de là dépend le principal establisseînent de nos affaires. J'ai adviséde despescher exprès vers Mons. le duc de Parme, afin qu'il luy plaise y pourvoir en toute diligence, et nous secourir en ce besoin des sommes portées par notre traité ; maintenant que l'on peut recognoistre que nous sommes entièrement aux termes et conditions d'iceluy , et que les apparences trop évidentes des mauvaises intentions du roy donnent assez de jugement de monstrer estre les négligences trop suspectes de Sa Majesté pour fortifier le prince de Béarn et les pratiques d'An, gleterre pour la levée des estrangers. La trêve que la royne-mère du roy a accordée contre ma volonté en ce dernier voyage à ceux de Sedan pour leur donner moyen de s'aller joindre aux forces estrangères , vous doit assez tesmoigner le but de ces desseins, qui sont délaisser entrer les estrangers , afin que venant dedans Paris après tant de ruines, ils forcent les catholiques à demander une paix honteuse , croyant par-là tourner l'estime et le crédit que nous avons acquis en haine et mespris. J'espère toutesfois venir à bout de ces intri-
292 LE DUC DE GUISE AVEC L'ESPAGNE (1587). gués, pourvu que nous ayons secours de Sa Majesté catholique. Je vous supplie faire effectuer ce qui a esté promis en diligence *. » — « Je vous prie aussi , dit le duc de Guise dans une autre dépêche, de continuer d'escrire à Rome pour favoriser nos affaires, desquelles j'ai mandé bien au long au pape, comme pour une croisade , laquelle feroit fort bien lever le cœur aux catholiques en ce royaume et nous embarqueroit bien avant ; aussi est-ce nostre résolution et mon premier dessein , après avoir obtenu victoire sur les estrangers , de ne descendre janiaisde cheval tant que la religion catholique ne soit bien establie en ce royaume, et ceux qui favorisent le parti contraire ruinés; mais un si haut dessein mérite bien de estre assisté **. »
« Mandez , s'il vous plaist , en diligence , que l'argent soit prest, car il est infaillible que nous allons courre aux armes, et faictes que le duc de Parme approche ses forces de la frontière de Picardie, et qu'il le fasse en toute extresme diligence, et vous me ferez très-grand plaisir***. »
Le 4 juillet 1!587, il écrivait encore :« Je charge lé sieur de Bray de vous représenter la méchante intention de Sa Majesté , encore que les longueurs
* Archives de Simaneas, cot. B 58'''',''*'• ** /fcirf., cot. b59'*"'.
'' IbicL. cot. B49'«8.