JOIE POUR LA. DÉFAITE DES REITRES
hommes d'armes de la ligue les poursuivaient jusqu'au centre de la France.
Ainsi le duc de Guise , le chef de la maison de Lorraine , venait encore de délivrer le territoire d'une invasion d'étrangers hérétiques : c'était un héritage dans cette race que les grands services ; l'aïeul et le père de Henri de Guise n'avaient-ils pas repoussé les soudards de Germanie ? Voilà ce qu'étaient ces bons princes , ces héros catholiques; l'armée royale s'était laissée battre et vaincre sous Joyeuse parce qu'elle était molle, eflëminée, politique sans conviction ; mais l'armée catholique c'était différent : Dieu lui avait donné la victoire parce qu'elle la méritait ; tels étaient le cri des multitudes, le chant des cantiques et le récit des pamphlets populaires ; était-il un seul prédicateur à Paris qui osât parler de Henri III et le placer au-dessus de Henri de Guise , le grand , le puissant , le noble prince de la ligue ?
Les armées de l'union et du roi avaient agi de concert dans cette suite d'opérations; les royalistes cherchaient à élever haut la participation de Henri III ; on lui fit un triomphe à Paris. Les dissensions intestines existaient néanmoins ; on manifestait les méfiances les plus profondes. Dans la correspondance du duc de Guise avec l'Espagne, les véritables intentions se montraient. Le 23 juin lo87, le fier ligueur écrivait, toujours sous le nom de Mucius, à Don Bernardino de Mcndora (c'était