‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 193 sur 234 · MESURES DE L'UNION · texte numérisé non relu

MESURES DE L'UNION

foi catholique ; le brave duc de Guise restait victorieux des reitres ; il avait dégagé les frontières , dissipé cette horde d'aventuriers pillards , d'Allemands gorgés de vin , profanateurs des saintes hosties et des sanctuaires , tandis que l'armée royaliste , sous la conduite de Joyeuse, du favori de Henri de Valois , avait fui devant Henri de Bourbon relaps et excommunié. Comment se fier dès-lors au concours de la royauté?

On n'ignorait pas au sein de la ligue les avances que la reine-mère faisait à Henri de ÎNavarre ; elle ne cessait de négocier avec l'excommunié , avec le roi des hérétiques. Il fallait donc prendre ses précautions ; Henri III avait adhéré à la ligue , sans doute , mais il la trahissait sous main : n'en avait-on pas la preuve? Et puis, pour les prudens, on n'avait plus à craindre l'armée royaliste du duc de Joyeuse ; il n'y avait désormais d'autres forces catholiques que celles de la ligue et dévouées à son autorité.

Dans ces circonstances , les grands barons de la foi catholique résolurent de tenir une haute assemblée à Nancy ; le duc de Guise à la tète de son armée victorieuse venait d'envahir le Palatinat du duc de Bouillon ; partisan du roi de Navarre et des huguenots, combien n'avait-il pas de droit à la confiance des confédérés, bonnes villes et confréries? Henri de Guise ne voulait point agir sans avoir l'assentiment positif et les secours

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efficaces du roi d'Espagne ; car, pour prendre ce parti décisif, il fallait s'appuyer des armes du duc de Parme. Le 8 février, il expédia de Nancy un envoyé auprès de don Bernardino de Mendoça chargé de lui donner les détails de la victoire nouvellement remportée , et de lui faire connaître l'état des affaires catholiques en France. Cet envoyé était porteur d'une longue instruction du duc de Guise , dans laquelle il se plaignait toujours de la mauvaise volonté et intention du roi, d'Épcrnon, de Bellièvre et autres catholiques froids et attiédis : « L'armée hérétique estant entrée jusqu'au cœur de la France , à douze lieues de Paris , je fus adverti un peu avant l'entreprise de Aulneau , qu'Epcrnon , Bellièvre et autres mauvais ministres du conseil du roy traitoient avec les forces de ladicte armée , afin de faire après , suivant le dessein qu'ils en avoient projeté de longue main , une paix aux portes de la ville de Paris désavantageuse pour les catholiques , la faisant recevoir et quasy dresser par la crainte et terreur de voir tant de forces ennemies si proches et si voisines.

» Et sur ce que M. le duc de Parme nous a mandé qu'il eust trouvé nécessaire , après caste victoire , d'aller attatjuer et poursuivre les hérétiques ébranlés et afl'oiblis d'une si grande perte , vous direz audict sieur Bernardino que c'est chose qiii se recognoist nécessaire el facile par

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