‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 194 sur 234 · PLAOTES DU DUC DE GUISE · texte numérisé non relu

PLAOTES DU DUC DE GUISE

leur foiblesse quand on le voudra , pourvu qu'on marche de bon pied; que de l'entreprendre contre l'autorité du roy, et sans ses forces et moyens, il y avoit plusieurs choses à considérer là-dessus , car ce n'étoient pas les forces des hérétiques ouverts et déclarés, ni les villes qu'ils occupent que nous devons craindre le plus, vu le peu qu'ils tiennent en un si grand royaume; mais leurs principales forces sont celles des catholiques dissimulés ou feincts qui favorisent l'establissement des huguenots et les prétentions du prince de Béarn , lesquels ne cessent en nostre présence de pratiquer sur les villes qu'ils savent nous estre affectionnées, y employant l'autorité du roy, ce que nostre absence et esloignement leur facilitoit encore davantage et auroit donné subject aux habitans desdictes villes de se plaindre de nous. Notre envoyé expliquera bien au sieur Bernar- (lino comment les choses se sont passées et conduictes jusqu'icy, et les moyens par lesquels on nous a faict la guerre sous ombre et apparence de la faire aux. hérétiques *. »

C'était contre le duc d'Epernon , le parti modéré et politique, que se dirigeait alors le mouvement catholique ; on s'était débarrassé dans la Saint-Barthéleray des huguenots prononcés. Maintenant il fallait secouer les faiseurs de transac-

* Archives de Simancas , B60^^^ à ^".

306 ASSEMBLÉE DE MINCÏ (1588).

lion. L'Espagne aidait ce mouvement, et Philippe II écrivait à son ambassadeur à Paris: «Don Bernardino Mendoça , félicitez le roy de France de ses succès contre les huguenots ; ayez soin (sans rien laisser pénétrer de vostre intention) de présenter, sous les apparences de son avantage, le danger auquel il s'expose en continuant ses liaisons avec le duc d'Epernon , qui est lui-mesme fort bien avec le roy de Navarre. Faictes sentir au roy les conséquences qui en pourroient résulter tant par rapport à la succession à la] couronne que pour la chrestienneté en général *. » L'assemblée de Nancy fut tout entière sous l'influence du duc de Guise ; on s'y occupa exclusivement des mesures propres à enlacer la royauté dans les intérêts du parti catholique. Il était évident que lorsque toute la force d'administration et de gouvernement passerait à ce grand parti , il n'aurait plus rien à craindre des trahisons de cour et des politiques. A cet eflfet l'assemblée de Nancy posa les points suivans : « Le roy de France sera encore sommé de se joindre plus ouvertement et à bon escient à la sainte-ligue , et d'oster les places , estats et offices importans à ceux qui lui seront nommés; item, de faire publier le sainct concile de Trente en tous ses pays ; item , d'establir l'inquisition, du moins es bonnes villes,

* Archives de Simancas, A 56 '^*.

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