LE ROI ET LE DUC DE GUISE
apparence, suivit la royneàpied, et ensemble entrèrent en la chambre du roy, lequel pour lors estoit assis près de son lit , et ne se remua pour l'entrée dudict sieur de Guise qui lui fit une révérence touchant quasi le genou en terre ; mais le roy irrité de sa venue ne lui fit autre accueil *, sinon lui demander : « Mon cousin , pourquoi estes-vous venu ?» La responsede M. de Guise fut que c'estoit pour se purger des calomnies qu'on luy avoit mises sus , comme s'il eustesté criminel de lèse-majesté ; il fit cette réponse tout esrau et fort pasle comme s'il eust cru que le roy ne se voulust dès-lors ressentir du mépris qu'il avoit faict de ses commandemens. Le roy lui ayant répliqué qu'il lui avoit expressément mandé qu'il ne vinst point pour cette heure-là , M. de Guise adjouta qu'on ne le lui avoit pas dict, en sorte qu'il n'avoit occasion de craindre que sa venue lui fust tant désagréable. Lors le roy , adressant la parole au sieur de Bellièvre , lui demanda s'il ne luy avoit pas commandé de lui faire entendre son intention; sur quoi Bellièvre, voulant rendre rai-
* Le roi ne faisait pas constamment bon accueil à M. de (luise , • ledit duc estant venu un matin en la chahibre de la royne , sitost que le roy vit arriver M. de Guise , tourna le visage de l'autre costé , ce qui fut cause que M. de Guise s'assit sur un coffre. » Jotirnald' unbourtjeois de Paris, mss. Dupuy, n" 47.