‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 209 sur 234 · LE ROI ET LE DUC DE GUISE · texte numérisé non relu

LE ROI ET LE DUC DE GUISE

apparence, suivit la royneàpied, et ensemble entrèrent en la chambre du roy, lequel pour lors estoit assis près de son lit , et ne se remua pour l'entrée dudict sieur de Guise qui lui fit une révérence touchant quasi le genou en terre ; mais le roy irrité de sa venue ne lui fit autre accueil *, sinon lui demander : « Mon cousin , pourquoi estes-vous venu ?» La responsede M. de Guise fut que c'estoit pour se purger des calomnies qu'on luy avoit mises sus , comme s'il eustesté criminel de lèse-majesté ; il fit cette réponse tout esrau et fort pasle comme s'il eust cru que le roy ne se voulust dès-lors ressentir du mépris qu'il avoit faict de ses commandemens. Le roy lui ayant répliqué qu'il lui avoit expressément mandé qu'il ne vinst point pour cette heure-là , M. de Guise adjouta qu'on ne le lui avoit pas dict, en sorte qu'il n'avoit occasion de craindre que sa venue lui fust tant désagréable. Lors le roy , adressant la parole au sieur de Bellièvre , lui demanda s'il ne luy avoit pas commandé de lui faire entendre son intention; sur quoi Bellièvre, voulant rendre rai-

* Le roi ne faisait pas constamment bon accueil à M. de (luise , • ledit duc estant venu un matin en la chahibre de la royne , sitost que le roy vit arriver M. de Guise , tourna le visage de l'autre costé , ce qui fut cause que M. de Guise s'assit sur un coffre. » Jotirnald' unbourtjeois de Paris, mss. Dupuy, n" 47.

Page 1