‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 21 sur 234 · L'AVOCAT DAVID · texte numérisé non relu

L'AVOCAT DAVID

culières dans un vaste projet de résistance, idée simple , naturelle confédération des provinces , fut l'œuvre d'un avocat du nom de David. C'était un des chefs de la bonne bourgeoisie de Paris , un des parleurs dans les assemblées municipales. Chéri des confréries et des halles dont il avait la confiance , excellent citoyen, comme l'appelle le mémoire de M. Belezeau, conseiller d'Etat *. Depuis le dernier édit de pacification il avait parfaitement démontré, en bons termes, aux universitaires, parlemens et halles qu'il était impossible de marcher plus long-temps avec une royauté qui pactisait sans cesse avec les huguenots. Ne pouvait-on pas trouver un moyen de sortir d'une hésitation perpétuelle ? Et pourquoi n'élirait-on pas un chef, un conducteur de la sainte ligue catholique? l'avocat David proposait de faire le voyage de Rome pour mettre la pieuse entreprise sous la

* Ce mémoire est le plus curieux document qui existe encore sur le mouvement municipal de Paris , les assemblées des seize quarteniers , les opinions et le mouvement politique. Le conseiller Delezeau professe les opinions des ligueurs , c'est-à-dire de la petite bourgeoisie et du peuple. Ce mémoire est en manuscrit dans la bibliothèque Sainte-Geneviève. Les conservateurs en ignoraient l'existence; je l'ai trouve dans mes recbercbes. Il est maintenant coté et porte ce titre : De la Religion catholique en FrancCy par M. Delezeau, conseiller d'Étal, in-fol. Les mss. pré cieux de Sainte GcncNicve sont dans un j;rand désordre.

niOJET DE L'.VVOCAT DWID (1576). 39

conduite de notre saint père le pape. Dans une petite assemblée, au parloir des bourgeois, il communiqua aux plus influens des quarteniers le projet qu'il avait rédigé dans l'intérêt de l'opinion catholique et de la maison de Guise, sincère et légitime représentant de cet immense empereur Karle-le-Grand , protecteur et vengeur du pape. « Combien que la race des Capets ait succédé à l'administration temporelle du royaume de Charlemagne , disait l'actif avocat, elle n'a ])oint toutefois succédé à la bénédiction apostolique affectée à la postérité de Charlemagne, tant seulement , mais au contraire en usurpant la couronne par outrecuidance téméraire, elle avoit acquis sur soi et sur les siens une malédiction perpétuelle. Il se voit à l'œil que la race des Capets est du tout abandonnée à sens réprouvé ; les uns estant frapjtés d'un esprit d'estourdissement, gens stupides et de néant, les autres réprouvés de Dieu et des Iiommes pour leur hérésie, proscrits et rcjetes de la saincte communion ecclésiastique ; au contraire, les rejetons de Charlemagne sont verdoyans, aimant la vertu, pleins de vigueur en esprit et en corps; ils rentreroient dans l'ancien héritage du royaume avec le gré , consentement et es. lection de tout le peuple. On donnera ordre par toutes les villes calholiiiues d'esmouvoir le peuple par les prédications salutaires, afin d'empescher par force ([uc les prcschcs de l'abominable secte

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