COMMENCEMENT DES BARRICADES
sonne; et ce canton-là saisi, pouvoit estre cause de faire recouvrer tous les autres. On en donna advis à M. de Biron, et qu'encore qu'il y eust rareté d'hommes, cent picquiers néanmoins et trente arquebusiers seroient bastanspour contenir quelque temps ceux qui voudroient remuer. Ledict sieur de Biron n'ignora pas que cet advertissement estoit vrai, mais ayant faute d'hommes, il n'y pourvut pas. En un instant les escoliers d'un costé commencèrent à s'esmouvoir et descendre de l'Université, le peuple semblablement, et fut aussitost la place Maubert saisie, quelques barricades plantées à dix pas des Suisses, au lieu où ils estoient (qui l'eussent facilement empesché) et généralement commença -t -on à se barricader partout de trente en trente pas et à tendre les chaisnes. Les barricades fort bien flanquées et bien munies d'hommes pour les défendre, tellement qu'il ne fut plus question d'aller partout Paris sans mot de guet, passeport ou particuliers billets des capitaines ou colonels des quartiers *. » Ensuite comme il arrive toujours, les soldats qui campaient sur les places publiques, par cette jactance naturelle à la troupe, avaient tenu maints propos déplaisans contre la bonne bourgeoisie de
' > Aiuplificatioii des particularités qui se passèrent à Paris lorsque M. de Guite s'en empara, et que le roy en sortit. <. 1588.