LES BARRICADES A PARIS
de l'un d'entre eux , s'escria : Par la mort Dieu , nous sommes trop forts. On appercut lors sous la porte de l'Hostel-dc-Yille un varlet du bourreau, je ne sçais si c'est par adventure ou par dessein. Incontinent les bourgeois s'armèrent , firent barricades en toutes les advenues , mesme du costé de la rivière, et s'assemblèrent mille à douze cents au Charnier Sainct-Germain, et prirent résolution de charger sur le soir les compagnies qui estoient sur la place de Grève , si on ne les faisoit rentrer. Les bourgeois furent advertis que l'on portoit deux barriques de poudre et autres munitions en Grève , ce qui fut cause que quelques-uns d'entre eux qui estoient sous la conduite de Leclerc , procureur en la cour, bon et vaillant soldat, vinrent au-devant des poudres et s'en emparèrent. A.lors les gardes placés en Grève commencèrent à voir qu'il leur seroit difficile d'en sortir. Le capitaine Cossin disoit : « Le prevost des marchands avoit assuré le roi de trente mille habitans ; il tient mal sa promesse; je commence à croire que les trente sont pour Sa Majesté et les mille pour M. de Guise.
« Il advint aussi que le pain et le vin que l'on envoyoit aux troupes rangées dans le cimetière des Saincts-Innocens fut pris et emporté par ceux qui estoient barricadés , et bien mangés. M. de Brissac , en pourpoint . avec une hallebarde en la main, accompagné de quatreoucinq gentilshom-