LE ROI CAPTIF DA>S LE LOUVRE
lement , mais les roynes en furent-elles grandement estonnées, et singulièrement la royne-mère, laquelle tout le long de son disner ne fit que pleurer à grosses larmes. »
Le roi moralement au pouvoir de la ligne, enfermé dans le Louvre , donna ordre aux Suisses et à ses gardes de ne pas résister plus long-temps. Il écrivait à M. de Nevers , le soir même de la journée des barricades:» Mon cousin, pour la crainte que j'ày eue qu'il advinst tumulte en ceste ville, j'ay faict venir ces jours-icy loger aux faubourgs d'icelle le régiment des Suisses que j'ay il y a quelque temps à mon service, que j'avois faict entrer ce matin en ceste ville et despartis avec quelques enseignes des soldats de ma garde en aucunes des places et carrefours de ceste dicte ville, sur plusieurs bruits qui couroient qu'il s'y devoit faire quelque esmotion. Mais voyant que grâce à Dieu les choses sont autrement disposées, je fais retirer lesdicts Suisses, espérant que toutes choses y demeureront à repos , dont je vous ay bien voulu incontinent advertir et donner advis, afin que vous le fassiez entendre à mes bons serviteurs et subjects en vos quartiers , où je vous prie avoir l'œil si soigneusement ouvert, que toutes choses y puissent aussi demeurer et continuer en repos*. » Le roi n'était plus en sa liberté.
• 12 mai 1588, Henri III à >I. de Nevers. — Mss. de Mcsmes, intit. Mémoires sur la ligue, in-fol. foni. m, n'' "'^'y*.