PLAINTES DES CATHOLIQUES
Clodion eust entre autres deux fils, Ranchaire et Alberic. Ranchaire eust trois fils qui furent massacrés par Clovis, roy de France. Ainsi vint le droit d'aisnesse à Alberic , second fils de Clodion. Depuis Alberic, nous allons par véritable généalogiejusques à Arnolphe, fils d'Arnauld et de Doda, fille du roy de Saxe, lequel eust entre autres deux fils : Clodulphe et Anchise. De Clodulphe le premier descendent les ducs de Mosellanne et de Lorraine , et d'Anchise le second , Charlemagne et les siens. Donc la possession est dévolue à la maison de Lorraine par Clodulphe , chef de la maison des Clodion , et par Anchise , puisné des Clodion et chef de la lignée de Charlemagne. Charles, duc de Lorraine , frère de Lothaire, et -oncle du roy Louis V, lequel roy mourut sans enfans , fut spolié de la couronne de France par Hugues Capet; duquel Charles et de Boue sa femme descendent les princes de Lorraine *. »
Cette généalogie était fausse ; elle ne prouvait point légalement les droits des Guise ; mais les esprits étaient préparés pour la grande association catholique qui proclamait son chef et prenait ses précautions ; partout les ligues particulières s'étendaient; la Normandieelle-mème, si patiente,
* « Les généalogips de ceux de Lorraine et de Bar, escritns en lalin par François de Rosiers de Balediic , archidiacre de Toul. ' 1.576. Imprimé à Paris , par Guill. Chaudière.
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si portée pour le repos, se montrait dans ses F.tals provinciauv. On présentait requête et pétition au roi, afin que Sa Majesté fit édit pour contraindre tous les sujets à faire profession de la religion catholique , et déclarer les hérétiques incapables de I tenir les oihces et charges publiques. Le roi devait jurer d'entretenir iiiviolablement et perpétuellement ledit édit , et si queh[ue révocation était faite au contraire , il n'y aurait aucun égard ; il fallait demander à ceux de la religion les villes qu'ils tenaient , et les retirer par la force au cas d'un refus ; le roi devait quitter la protection de Genève , car une même volonté ne pouvait extirper l'hérésie et conserver sous sa main la source d'où dérive toute hérésie ; le service de Dieu devait être rétabli par tout le royaume. « Et pour tesmoigner que nous avons rien au cœur qu'un désir de servir à Dieu , Vostre Majesté et au public , nous sommes prests , si l'avez agréalile , remettre aux mains de Vostre Majesté les charges dont elle et ses prédécesseurs nous ont honorés , et nous retirer comme personnes privées en nos maisons pour y finir nos jours avec contentement d'avoir aidé le roi à un bien bon œuvre *. »
* Mss. de lîéthune, ^ol. rot. 8839, fol. 50. — 11 y avait plus de niénajjcinens dans d'autres provinces. — Remontrances des trois États du Languedoc sur Ledit de pacification. Us se plaignaient qu'une grande partie des huguenots
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Les hésitations du conseil décidaient déplus en plus les catholiques de province à s'affilier au vaste projet de la ligue générale *. Dans tout mouvement d'opinion il y a deux nuances : l'une qui remontre , se plaint et voudrait réformer sans détruire ; l'autre qui conspire pour renverser.
violaient chaque jour cet édit et cherchaient à trouhler la paix; les Etats citaient une infinité tie griefs notoires et visibles; les catholiques au contraire avaient entièrement satisfait à tout son contenu. Il était grandement nécessaire d'établir la paix , mais une paix durable et solide : » Ce pays, Madame , écrivaient les Etats à la reine-mère , bien misérablement traité , vous supplie très-humblement ne vouloir pas abandonner l'entreprise que vous avez si dignement accommencée; et par vostre bonté et prudence establir la paix tant désirée des gens de bien. Vous aurez Dieu pour vostre guide ; les catholiques n'espargneront leur vie ny les moyens que Dieu leur a donnés ; la pluspart de ceux de la religion ferout le semblable , et vous serez aimée et obéie de tous les deux partis contre ceux qui ne craignent ny Dieu ny leur roy. » Mss. de Béthune , n" 8827 , fol. 93.
' Henri III reçut aussi des plaintes des catholiques de ÎSimes ; ils disaient que ceux de la religion prétendue réformée leur enlevaient tout moyen de participer au fait de la police , conseils , honneurs et dignités et par moyen de certaines ligues les surchargent grandement. Le roi écrivait au maréchal Damville de faire cesser pareilles difFérences , et faire que l'égalité soit gardée entre les calholiques et ceux de la religion conformément à l'édit Je pacification. — Mss. de Béthune . vol. cot. 8836 . fol. 1 4.