‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 32 sur 234 · AVIS DU CONSEIL · texte numérisé non relu

AVIS DU CONSEIL

Celte voix des trois ordres était trop puissjinte pour qu'elle ne reçut pas la sanction royale ; (}ue fallait-il arrêter pour répondre à ce mouvement des esprits ? le roi prit conseil de chacun des princes du sang, des hommes de modération , de sagesse. Ces avis restent encore et ils témoignent des opinions contemporaines.

M. de Nevers voulait que le roi adoptât une forte résolution et (ju'il y demeurât ferme; on devait d'abord tenter la voie amiable : « Je trouverai fort bonne vostre délibération de tascher à réduire vos subjects à vous rendre l'obéissance qu'ils vous doivent , en vous servant des moyens les plus doux plutost que de la force ; s'il plaisoità Dieu d'inspirer M. le maréchal Damville de faire ce (ju'il doit à Dieu et à Votre Majesté, vos affaires s'en porteroient bien mieux; si M. de Biron pouvoit faire quelque chose de bon avec le roy de Navarre, vous viendriez aisément à bout de vostre intention, mais , certes, Sire, je crains bien qu'il ne rapporte qu'une négociation meslée de quelque bonne apparence pour vous retarder et faire perdre le temps. C'est pourquoi il me semble qu'il est très-nécessaire , pour exécuter vostre saincte intention , de vous montrer si ferme et résolu en vostre délibération, que l'on pense que quand , par manière de dire , vous devriez aller tout seul contre ceux qui ne vous veulent pas obéir , vous avez délibéré de le faire

Page 1