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82 NÉfiOClVTION POUll LA PAIX (1577).
Le maréchal Dannillc était alors mécontent tics calvinistes qui ne mettaient pas assez de prix à ses services; le conseil parvint à ses fins, et les politiques furent détachés. Dès ce moment les Montmorency se tournèrent contre les huguenots, leurs vieux alliés ; le roi écrivit au maréchal Damville pour lui annoncer que le prince de Condé , en compagnie du roi de Navarre , se disposaient à passer en Languedoc : « Mon cousin , soyez sur vos gardes et faictes le possible pour les prendre par les chemins , ce qui seroit bien le plus grand service que vous me sçauriez jamais faire *. »
La paix avec le roi de Navarre s'était engagée par Biron et Villeroi , négociateurs actifs, qui tenant au tiers parti , étaient également en rapport avec les opinions extrêmes. On avait bien l'appui des politiques, mais des avis d'une nature grave arrivaient de toutes parts sur la marche des Allemands du prince Casimir, à la solde des calvinistes : « Le duc Casimir a naguère tenu un conseil auquel les députés arrivés de la part de la reine d'Angleterre et autres confédérés ont assisté; et par icelui , résolution a été de nouveau con-
réchal de Damville et se saisir des villes du Bas-Languedoc.
— Mss. de Colbert , vol. xxix, reg. en parch. — 6 mars 1577. Don au maréchal Damville du marquisat de Salures.
— >Iss. de Bélhunc , vol. in-fol. cot. 88.36, fol. 41 . * Mss. de Rclluine , vol. ro(. 8830 , fol. 50.
TRlNSACTlOiN DE POITIERS (1577). 83
fîrmée de poursuivre la levée des reistres, Suisses et lansquenets , et ont été dépeschés vers le roi de Navarre par terre et vers le prince de Condé par mer pour leur persuader d'anéantir la paix, leur montrer comme l'armée peut estre preste en un instant , que la levée se feroit sous couleur de secourir le prince d'Orange , et en faisant contenance d'aller en Pays-Bas , on pourroit se dresser vers la France et la surprendre à l'imprévue. Le duc Casimir entroit si avant dans ce parti qu'il a offert d'avancer quatre-vingt mille écus , la reine d'Angleterre cent mille , les églises de France et d'ailleurs cent autres mille *. » C'est chose curieuse dans l'histoire de cette race des Condé , de la voir sans cesse avec son courage aventureux et chevaleresque invoquer les secours de l'étranger. C'est qu'elle était cadette de famille, et qu'elle avait besoin d'acquérir état et fortune par l'épée , et peu importe la couleur du drapeau.
Quand les Allemands étaient si proches , quand tant de cornettes étrangères frétillaient pour entrer dans le royaume, était-il étonnant que la cour se hâtât de signer la paix ? Elle était dure la transaction de Poitiers, système tout entier de garanties accordées à un grand parti **. En y joi-
* Mss. de Colbert, vol. cot. n° 9.
" Le ISjiiiii 1577, don Diego deÇuniga écrivaitde Blois: ^ Ce roy traite de paix avec les rebelles; que voulez-vous ?