LA RÉFORME EÎN' ITALIE (1570—1585). M
maintenait l'épiscopat , pouvait-il donner un équivalentà cette suprématie du patriarcat, haute tète d'un grand système salué par tout un peuple ?
L'Italie avait été le berceau des vastes idées de réforme , au temps de Savonarola , de Pic de La Mirandole , de ces hommes prodigieux dont le génie éclata au milieu des guerres civiles et de la liberté municipale; l'Italie était entourée par plusieurs côtés de doctrines hérétiques ; elle pouvait être enseignée parle midi de l'Allemagne, par la Suisse et les montagnes des Alpes, asiles ouverts alors à ces malheureux Vaudois qui avaient conquis la liberté religieuse au prix de leur sang. Dans cette situation pourtant on voit à peine éclater quelques faits d'hérésie , aussitôt réprimés avec violence. On dirait que c'est une des conditions de l'Italie ; les doctrines y fomentent ; elles n'y triomjdient pas. Il y a quelques sectateurs isolés et secrets ; jamais ils ne composent un corps saisissable , une puissance de gouvernement ; c'est un trouble , et jamais une révolution!
Dans l'Espagne cette pureté de la foi catholique domine toujours Philippe II ; quand je recherchais à Valence , à Murcie , à Valladolid , les souvenirs de l'inquisition , j'y trouvai à chaque page (juc des tentatives nombreuses de prédications religieuses avaient été faites même au sein du clergé. L'index si sévère des inquisiteurs signale " [dusieurs prêtres de Grenade, de Tolède qui
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avaient poussé l'audace jusqu'à l'exécrable extrémité de demander la permission de lire l'Écriture-Saiute en langue vulgaire , sans craindre d'y rencontrer le poison le plus mortel. »
Mais en Espagne comme en Italie l'inquisition veillait; elle ne laissait échapper aucun symptôme contre l'unité romaine ; livres mis à l'index ou abandonnés au bourreau , prohibition de toute espèce de rapports avec les pays hérétiques, condamnation d'Universités, auto-da-fé, poussière des morts arrachée au tombeau , spectacle dramatique ou prescriptions sanglantes de la loi , tout était invoqué contre l'hérésie *. Philippe II avait également son inquiète préoccupation des Pays-Bas ; là une surveillance était plus difficile : les populations plus actives , plus décidées ; elles attaquaient la puissance romaine par toutes les manières, les pamphlets, les écrits de controverse, et j'ai eu dans la main une curieuse médaille de Flandre où le pape est représenté sous la figure du diable **, tandis ([u'un cardinal , revêtu de sa longue robe, de sa barrette sacrée, y est reproduit comme un homme en démence ou pris de vin nouveau, pour me servir de l'expression de l'Écriture ***. La Hollande surtout devint par la
* Compilac. de todos las avt. de S. Off., 1 vol. iu-fol. Bihliot. real Mad.
■* La légende porte: Mali tanii masruli ociuin.
"** La légende portait encore : StiiHi aliqitaiido sapite.