‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 50 sur 234 · QUESTION DES PAYS-BAS · texte numérisé non relu

QUESTION DES PAYS-BAS

de Coligny , et avec une habileté remarquable Philippe II se tourna vers Elisabeth d'Angleterre. Ses rapports avec cette princesse avaient été d'abord hostiles; le conseil de la reine, protectrice de l'Eglise reformée, n'ignorait pas la correspondance du roi d'Espagne avec Marie Sluart. La flotte anglaise avait conduit dans les cinq ports l'argent destiné à la paye de l'armée du duc d'Albe et que Philippe II envoyait de San Lorenzo *. L'ambassadeur d'Espagne , dissimulant tous ces griefs excita des jalousies contre la France. Si cette puissance s'emparait des Pays-Bas, n'était-ce pas une menace contre l'Angleterre ? Elisabeth pouvait-elle souffrir que la France réunit à son domaine toute la Gaule - Belgique , la Hollande,

de Navarre ; il avait même engajjé avei; lui une négociation spéciale. — Henri de Navarre écrivait au roi d'Espagne par le vicomte de Chaulx : «Monsieur, ayant esté naguères adverty et conflrnié à l'asseurance de la bonne volonté qu'il vous plaist me porter, je n'ay voulu faillir de vous en remercier très-humblement et sous ceste confiance et avec l'occasion du voyage que le vicomte de Chaulx va faire pardelà , luy commander de vous visiter et baiser très-humblement les mains, et le vouloir croire en ce qu'il vous dira comme moy-raesme ; ensemble nie permettre de tirer et faire passer dix chevaux d'Espagne pour mon service. » Archives de Simancas. B, 45'*'.

Pour les négociations , voi/pz Murdin, 766 ; Caraden , 175 ; Ilayncs , 501 .

90 PlIlLirrE H ET ÉLIS.\BETII (1577—1578).

Anvers et Amsterdam , dépôts du eommerce anjylais ? C'est un souvenir eurieux à noter que le changement subit qui éclata dans le conseil d'Elisabeth quand la question fut ainsi posée ; il n'y eut plus ni intérêt huguenot ni intérêt catholique, l.a correspondance de Philippe JI avec la reine constate que la plus grande intimité naquit tout à coup entre les deux couronnes , quoique divisées d'opinions religieuses. Des négociations s'engagèrent entre Guavez , l'envoyé du duc d'Albe, et le lord-trésorier. Les documens originaux des transactions arrêtées demeurent encore ; il y est déclaré « que l'ancienne amitié entre les deux royaumes , bien qu'elle eût paru oubliée pendant quelque temps , n'avait jamais été rompue. » Les plénipotentiaires arrêtèrent « que le commerce entre l'Angleterre et les Pays-Bas serait rétabli ; qu'Elisabeth satisferait les banquiers italiens , premiers propriétaires de l'argent qu'on avait intercepté , et que des commissaires seraient nommés de part et d'autre pour reconnaître et fixer, dans l'espace de deux ans , les réclamations de ceux qui dans les deux pays avaient souffert de la confiscation des marchandises *. » Quand le duc d'Albe fut remplacé par don Çuniga de Requesens, ces mêmes rapports se continuèrent avec l'Angleterre qui rappela les troupes auxiliaires

* MiRDi.^ , 773-73 4. C^mdes, 272.

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