‹ Histoire de la réforme, de la Ligue, et du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 52 sur 234 · LK DUC D'AINJOU ET LES PAYS-BAS · texte numérisé non relu

LK DUC D'AINJOU ET LES PAYS-BAS

Angers. C'est la que les transactions pour les Pays- Bas commencèrent d'une manière active et puissante. Henri III apprit la fuite de son frère avec inquiétude ; il écrivait à M. d'Humières ; « Mon frère le duc d'Anjou s'est retiré d'auprès de moy pour s'en aller en ses maisons les plus proches, ce que je me promets bien qu'il n'aura faict en mauvaise intention , vu l'amour et l'affection dont il m'est tenu , et les obligations particulières qu'il me doit ; néanmoins je vous ai bien voulu donner advis de ce que dessus, afin que soyez informé de sondict partcment, et que preniez garde plus soigneusement que jamais que sous ombre il ne s'entreprenne rien au préjudice de la tranquillité de mon royaume dans vostre gouvernement , et vous recommande l'observation de mon esdict de pacification comme estant le plus agréable service que vous me sçauriez faire *.»

Quelques jours après il expédia de nouvelles lettres au maréchal Damville , à MM. d'Humières et de Matignon; il leur donnait connaissance des mouvemens du duc d'Anjou , et bien décidé à le poursuivre, il leur mandait ses ordres en conséquence **. Henri III ne cessait d'être opposé à

l'entreprise qu'il a formée sur ce pays. — Mss. de Béthune, vol. cot. 8892, fol. 06.

♦ Mss. de Bélhunc , vol. in-fol. cot. 8836, fol. 74.

** Mss. de Bélliuiie, \o\. cof. 879 4, fol. 115; et 8844, fol. 29, 32.

LE DUC D'AiNJOU EN FLANDRE (1578). 93

l'expédition de son frère en Flandre, et c'est avec bonne foi que son ambassadeur à Madrid déclarait à Philippe II que tout avait été fait contre la volonté du roi son maître. « Sire , je dois vous faire part des droites intentions de Sa M.ijesté en l'observance de une bonne paix et vraie amitié , et le desplaisir que elle a reçu et reçoit des actions de monseigneur le duc d'Anjou son frère en ce qu'il s'est résolu et encheminé sans que l'on l'ait pu divertir ni empescher *. »

Quant au duc d'Anjou, il était préoccupé de ses bonnes batailles qui devaient lui assurer le vaste Etat de Flandre. Il recommandait à tous ses amis de maintenir la paix en ce royaume ** ; il écrivait au maréchal Daraville, à M. d'Humières : « Vous ayant toujours cognu amateurs de paix et tranquillité, je vous escris pour vous dire qu'il est besoin d'y tenir la main plus que jamais; car outre le mal que la guerre apporteroit en France , elle causeroit aussi grande desfaveur en mes affaires de par deçà où autre intention ne m'a

* Archives de Simancas , B 43''^.

** 24 mai 1578 : « Lettre contenant l'éclaircissement des actions et desportemens de Monsieur, fils et frère de roy , duc d'Anjou, d'Alençon , etc., tant })our le regard des choses qui sont advenues es guerres civiles de la France, comme en ce qui concerne le faict et desi'cnse des Pays-Bas rontic les Espagnols. » Rouen , Jean Ysoret. — Bibl. du Roi , lias, • pour former un recueil de pièces iu-4". cot. L. 644, pièce 4. IV. 9

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