TR.YITÉ POUR CAMBRAI
du bien public , se séparoient des Estats-Généraut des Pays-Bas contre le serment solennel qu'ils avoient faict entre eux par leur union. Lui, comme amateur du bien et union de son pays , a recherché les moyens licites à un cavalier d'honneur, et désirant s'opposer auxdicts Espagnols et adhérens, voyant la nécessité qu'il pourroit avoir d'un secours prompt , au cas que les Estats ne le pussent secourir , ou que l'arrest de l'un à l'autre lui fust du tout empesché , a pensé qu'il n'avoit moyen plus expédient que de s'adresser au duc d'Anjou, le cognoissant zélé au bien de son pays pour l'avoir secouru de ses moyens et de sa personne , a accepté la défense d'icelui d'un commun accord, des Estats- Généraux des Pays-Bas *. » En vertu de ce traité , confirmé par une stipulation spéciale avec le prince de Coudé, des huguenots français furent admis dans la citadelle de Cambrai et en prirent souveraineté au nom de Monsieur. Alors don .Juan d'Autriche remplaçait dans les Pays-Bas le comte dcRequesens *"; c'était la gloire
* Traité fait par le sieur de La Ferlé, au uoiu du duc d'Anjou, avec Louis deGaure, baron d'Ainchy , gouverneur de la citadelle de Cambrai. — Mss.de Colbert, vol. cccxxxvii, iii-fol. M. R. pag. 19.
** 1578. " Discours véritable des choses passées ès-Pays- Ras de Flandre depuis la venue du seigneur don Jebn.n d'Austriche en iceux. > Bibl. de M. de Fonlanieu, in-8" parch. (ot. P. 1452.
9fi PROJET DE PIULIPrE II (1578).
catholique, le brillant héros de Lépante , qui avait sauvé la chrétienté de l'irruption des barbares. Son arrivée en Flandre se liait à un vaste plan de Philippe II contre Elisabeth. Les envoyés de l'Espagne à Londres avaient bien pu , par leurs intrigues, rompre toute alliance entre l'Angleterre et les insurgés ; mais la force des choses , la nature du principe catholique devait l'emporter dans une tête comme Philippe II. Elisabeth persécutait ce principe dans Marie Stuart; si le roi d'Espagne parvenait à sauver cette femme , cette reine, à l'élever à toute la hauteur d'une couronne en Ecosse , en Angleterre , et à l'unir à don Juan , n'était-ce pas un immense résultat pour la cause à laquelle Philippe II était si profondément attaché ? Ce projet concerté avec le pape , dénoncé par le prince d'Orange , rompit brusquement tout rapport entre les tleux couronnes * d'Angleterre et d'Espagne ; les insurgés trouvèrent appui dans le conseil d'Elisabeth. Ce plan contre la reine protestante était en chiffres ; mais
* En 1578-1579, l'ambassadeur Juan de Vargas Mesia n'écrit pas une lettre à Philippe II sans lui dire : <■ Je tiens de lieu certain et de personne sûre que la reine d'Angleterre a une infirmité qui la fera bientôt mourir. Elle ne peut pas vivre plus de deux ou trois mois. Sa maladie est ce qu'on appelle le vial caduc. » Et toujours il répète cette nouvelle. Ar,hiies de Simanras. B. 47-48.